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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

L’Homme des champs, 1800

Troisième chant

Jacques Delille· distiques, alexandrins, 650 vers

Que j’aime le mortel,‖ noble dans ses penchans,Qui cultive à la fois‖ son esprit et ses champs !Lui seul jouit de tout.‖ Dans sa triste ignoranceLe vulgaire voit tout‖ avec indifférence :Des desseins du grand être‖ atteignant la hauteur,Il ne sait point monter‖ de l’ouvrage à l’auteur.Non, ce n’est pas pour lui‖ qu’en ses tableaux si vastesLe grand peintre forma‖ d’harmonieux contrastes.Il ne sait pas comment,‖ dans ses secrets canaux,De la racine au tronc,‖ du tronc jusqu’aux rameaux,Des rameaux au feuillage‖ accourt la sève errante ;Comment naît des cristaux‖ la masse transparente,L’union, les reflets‖ et le jeu des couleurs.Étranger à ses bois,‖ étranger à ses fleurs,Il ne sait point leurs noms,‖ leurs vertus, leur famille.D’une grossière main‖ il prend dans la charmilleSes fils au rossignol,‖ au printemps ses concerts.Le sage seul, instruit‖ des lois de l’univers,Sait goûter dans les champs‖ une volupté pure :C’est pour l’ami des arts‖ qu’existe la nature.

Vous donc, quand des travaux‖ ou des soins importansDu bonheur domestique‖ ont rempli les instans,Cherchez autour de vous‖ de riches connoissancesQui, charmant vos loisirs,‖ doublent vos jouissances.Trois règnes à vos yeux‖ étalent leurs secrets.Un maître doit toujours‖ connoître ses sujets :Observez les trésors‖ que la nature assemble.Venez ; marchons, voyons,‖ et jouissons ensemble.

Dans ces aspects divers‖ que de variété !Là tout est élégance,‖ harmonie et beauté.C’est la molle épaisseur‖ de la fraîche verdure ;C’est de mille ruisseaux‖ le caressant murmure,Des coteaux arrondis,‖ des bois majestueuxEt des antres rians‖ l’abri voluptueux.Ici d’affreux débris,‖ des crévasses affreuses,Des ravages du temps‖ empreintes désastreuses ;Un sable infructueux,‖ aux vents abandonné ;Des rebelles torrens‖ le cours désordonné ;La ronce, la bruyère‖ et la mousse sauvage,Et d’un sol dévasté‖ l’épouvantable image.Partout des biens, des maux,‖ des fléaux, des bienfaits !Pour en interpréter‖ les causes, les effets,Vous n’aurez point recours‖ à ce double génie,Dont l’un veut le désordre,‖ et l’autre l’harmonie :Pour vous développer‖ ces mystères profonds,Venez, le vrai génie‖ est celui des Buffons.

Autrefois, disent-ils,‖ un terrible déluge,Laissant l’onde sans frein‖ et l’homme sans refuge,Répandit, confondit‖ en une vaste mer,Et les eaux de la terre‖ et les torrens de l’air ;Où s’élevoient des monts,‖ étendit des campagnes ;Où furent des vallons,‖ éleva des montagnes ;Joignit deux continens‖ dans les mêmes tombeaux ;Du globe déchiré‖ dispersa les lambeaux ;Lança l’eau sur la terre‖ et la terre dans l’onde,Et roula le chaos‖ sur les débris du monde.De là ces grands amas‖ dans la terre enfermés,Ces bois, noirs alimens‖ des volcans enflammés,Et ces énormes lits,‖ ces couches intestines,Qui d’un monde sur l’autre‖ entassent les ruines.

Ailleurs d’autres dépôts‖ se présentent à vous,Formés plus lentement‖ par des moyens plus doux.Les fleuves, nous dit-on,‖ dans leurs errantes courses,En apportant aux mers‖ les tributs de leurs sources,Entraînèrent des corps‖ l’un à l’autre étrangers,Quelques-uns plus pesans,‖ les autres plus légers.Les uns au fond de l’eau‖ tout à coup se plongèrent ;Quelque temps suspendus‖ les autres surnagèrent,De là précipités‖ dans l’humide séjour,Sur ces premiers dépôts‖ s’assirent à leur tour.Des couches de limon‖ sur eux se répandirent,Sur ces lits étendus‖ d’autres lits s’étendirent ;Des arbustes sur eux‖ gravèrent leurs rameaux,Non brisés par des chocs,‖ non dissous par les eaux,Mais dans leur forme pure.‖ En vain leurs caractèresSemblent offrir aux yeux‖ des plantes étrangères,Que des fleuves, des lacs‖ et des mers en courrouxLe roulement affreux‖ apporta parmi nous :Leurs traits inaltérés,‖ les couches plus profondesDes lits que de la mer‖ ont arrêtés les ondes ;Souvent deux minces lits,‖ léger travail des eaux,L’un sur l’autre sculptés‖ par les mêmes rameaux ;Tout d’une cause lente‖ annonce aux yeux l’ouvrage.Ainsi, sans recourir‖ à tout ce grand ravage,Le sage ne voit plus‖ que des effets constans,Le cours de la nature‖ et la marche du temps.

Mais j’aperçois d’ici‖ les débris d’un village :D’un désastre fameux‖ tout annonce l’image.Quels malheurs l’ont produit ?‖ Avançons, consultonsLes lieux et les vieillards‖ de ces tristes cantons.Dans les concavités‖ de ces roches profondes,Où des fleuves futurs‖ l’air déposoit les ondes,L’eau, parmi les rochers‖ se filtrant lentement,De ces grands réservoirs‖ mina le fondement.Les voûtes, tout à coup‖ à grand bruit écroulées,Remplirent ces bassins,‖ et les eaux refoulées,Se soulevant en masse‖ et brisant leurs remparts,Avec les bois, les rocs‖ et leurs débris épars,Des hameaux, des cités‖ traînèrent les ruines.Leur cours se lit encore‖ au creux de ces ravines,Et l’hermite du lieu,‖ sur un décombre assis,Aux voyageurs encore‖ en fait de longs récits.

Ailleurs ces noirs sommets‖ dans le fond des campagnesVersèrent tout à coup‖ leurs liquides montagnes,Et le débordement‖ de leurs bruyantes eauxForma de nouveaux lacs‖ et des courans nouveaux.Voyez-vous ce mont chauve‖ et dépouillé de terre,À qui fait l’aquilon‖ une éternelle guerre ?L’olympe pluvieux,‖ de son front escarpéDétachant le limon‖ par ses eaux détrempé,L’emporta dans les champs,‖ et de sa cime nueLaissa les noirs sommets‖ se perdre dans la nue :L’œil s’afflige à l’aspect‖ de ses rochers hideux.

Poursuivons, descendons‖ de ces sauvages lieux ;Des terrains variés‖ marquons la différence.Voyons comment le sol,‖ dont la simple substance,Sur les monts primitifs‖ où les dieux l’ont jeté,Conserve, vierge encor,‖ toute sa pureté,S’altère en descendant‖ des montagnes aux plaines.De nuance en nuance‖ et de veines en veinesL’observateur le suit‖ d’un regard curieux.

Tantôt de l’ouragan‖ c’est le cours furieux.Terrible, il prend son vol,‖ et dans des flots de poudrePart, conduisant la nuit,‖ la tempête et la foudre ;Balaie, en se jouant,‖ et forêt et cité ;Refoule dans son lit‖ le fleuve épouvanté ;Jusqu’au sommet des monts‖ lance la mer profonde,Et tourmente en courant‖ les airs, la terre et l’onde :De là sous d’autres champs‖ ces champs ensevelis,Ces monts changeant de place,‖ et ces fleuves de lits ;Et la terre sans fruits,‖ sans fleurs et sans verdure,Pleure en habits de deuil‖ sa riante parure.

Non moins impétueux‖ et non moins dévorans,Les feux ont leur tempête‖ et l’Etna ses torrens.La terre dans son sein,‖ épouvantable gouffre,Nourrit de noirs amas‖ de bitume et de soufre,Enflamme l’air et l’onde,‖ et de ses propres flancsSur ses fruits et ses fleurs‖ vomit des flots bouillans :Emblème trop frappant‖ des ardeurs turbulentes,Dans le volcan de l’âme‖ incessamment brûlantes,Et qui, sortant soudain‖ de l’abyme des cœurs,Dévorent de la vie‖ et les fruits et les fleurs.Ces rocs tout calcinés,‖ cette terre noirâtre,Tout d’un grand incendie‖ annonce le théâtre.Là grondoit un volcan :‖ ses feux sont assoupis ;Flore y donne des fleurs‖ et Cérès des épis.Sur l’un de ses côtés‖ son désastre s’efface,Mais la pente opposée‖ en garde encor la trace.C’est ici que la lave‖ en longs torrens coula ;Voici le lit profond‖ où le fleuve roula,Et plus loin à longs flots‖ sa masse répandueSe refroidit soudain‖ et resta suspendue.Dans ce désastre affreux‖ quels fleuves ont tari !Quels sommets ont croulé,‖ quels peuples ont péri !Les vieux âges l’ont su,‖ l’âge présent l’ignore ;Mais de ce grand fléau‖ la terreur dure encore.Un jour, peut-être, un jour,‖ les peuples de ces lieuxQue l’horrible volcan‖ inonda de ses feux,Heurtant avec le soc‖ des restes de murailles,Découvriront ce gouffre,‖ et, creusant ses entrailles,Contempleront au loin‖ avec étonnementDes hommes et des arts‖ ce profond monument ;Cet aspect si nouveau‖ des demeures antiques ;Ces cirques, ces palais,‖ ces temples, ces portiques ;Ces gymnases du sage‖ autrefois fréquentés,D’hommes qui semblent vivre‖ encor tout habités :Simulacres légers,‖ prêts à tomber en poudre,Tous gardant l’attitude‖ où les surprit la foudre ;L’un enlevant son fils,‖ l’autre emportant son or,Cet autre ses écrits,‖ son plus riche trésor ;Celui-ci dans ses mains‖ tient son dieu tutélaire ;L’autre, non moins pieux,‖ s’est chargé de son père ;L’autre, paré de fleurs‖ et la coupe à la main,A vu sa dernière heure‖ et son dernier festin.

Gloire, honneur à Buffon,‖ qui, pour guider nos sages,Éleva sept fanaux‖ sur l’océan des âges,Et, noble historien‖ de l’antique univers,Nous peignit à grands traits‖ ces changemens divers !Mais il quitta trop peu‖ sa retraite profonde :Des bosquets de Monbar‖ Buffon jugeoit le monde ;À des yeux étrangers‖ se confiant en vain,Il vit peu par lui-même,‖ et, tel qu’un souverain,De loin et sur la foi‖ d’une vaine peinturePar ses ambassadeurs‖ courtisa la nature.

Ô ma chère patrie !‖ ô champs délicieuxOù les fastes du temps‖ frappent partout les yeux !Oh ! S’il eût parcouru‖ cette belle Limagne,Qu’il eût joui de voir‖ dans la même campagneTrois âges de volcans‖ que distinguent entr’euxLeurs courans, leurs foyers,‖ et des siècles nombreux !La mer couvrit les uns‖ par des couches profondes,D’autres ont recouvert‖ le vieux séjour des ondes.L’un d’une côte à l’autre‖ étendit ses torrens ;L’autre en fleuve de feu‖ versa ses flots erransDans ces fonds qu’a creusés‖ la longue main des âges.En voyant du passé‖ ces sublimes images,Ces grands foyers éteints‖ dans des siècles divers,Des mers sur des volcans,‖ des volcans sur des mers,Vers l’antique chaos‖ notre âme est repoussée,Et des âges sans fin‖ pèsent sur la pensée.

Mais sans quitter vos monts‖ et vos vallons chéris,Voyez d’un marbre usé‖ le plus mince débris :Quel riche monument !‖ De quelle grande histoireSes révolutions‖ conservent la mémoire !Composé des dépôts‖ de l’empire animé,Par la destruction‖ ce marbre fut formé.Pour créer les débris‖ dont les eaux le pétrirent,De générations‖ quelles foules périrent !Combien de temps sur lui‖ l’océan a coulé !Que de temps dans leur sein‖ les vagues l’ont roulé !En descendant des monts‖ dans ses profonds abymes,L’océan autrefois‖ le laissa sur leurs cimes ;L’orage dans les mers‖ de nouveau le porta ;De nouveau sur ses bords‖ la mer le rejeta,Le reprit, le rendit :‖ ainsi, rongé par l’âge,Il endura les vents‖ et les flots et l’orage.Enfin, de ces grands monts‖ humble contemporain,Ce marbre fut un roc,‖ ce roc n’est plus qu’un grain ;Mais, fils du temps, de l’air,‖ de la terre et de l’onde,L’histoire de ce grain‖ est l’histoire du monde.

Et quelle source encor‖ d’études, de plaisirs,Va de pensers sans nombre‖ occuper vos loisirs,Si la mer elle-même‖ et ses vastes domainesVous offrent de plus près‖ leurs riches phénomènes !

Ô mer, terrible mer,‖ quel homme à ton aspectNe se sent pas saisi‖ de crainte et de respect !De quelle impression‖ tu frappas mon enfance !Mais alors je ne vis‖ que ton espace immense :Combien l’homme et ses arts‖ t’agrandissent encor !Là le génie humain‖ prit son plus noble essor.Tous ces nombreux vaisseaux‖ suspendus sur ses ondesSont le nœud des états,‖ les courriers des deux mondes.Comme elle à son aspect‖ vos pensers sont profonds.Tantôt vous demandez‖ à ces gouffres sans fondsLes débris disparus‖ des nations guerrières,Leur or, leurs bataillons‖ et leurs flottes entières :Tantôt, avec Linnée‖ enfoncé sous les eaux,Vous cherchez ces forêts‖ de fucus, de roseaux,De la flore des mers‖ invisible héritage,Qui ne viennent à nous‖ qu’apportés par l’orage ;Éponges, polypiers,‖ madrépores, coraux,Des insectes des mers‖ miraculeux travaux.Que de fleuves obscurs‖ y dérobent leur source !Que de fleuves fameux‖ y terminent leur course !Tantôt avec effroi‖ vous y suivez de l’œilCes monstres qui de loin‖ semblent un vaste écueil.Souvent avec Buffon‖ vos yeux y viennent lireLes révolutions‖ de ce bruyant empire,Ses courans, ses reflux,‖ ces grands événemensQui de l’axe incliné‖ suivent les mouvemens ;Tous ces volcans éteints,‖ qui du sein de la terreJadis alloient aux cieux‖ défier le tonnerre ;Ceux dont le foyer brûle‖ au sein des flots amers,Ceux dont la voûte ardente‖ est la base des mers,Et qui peut-être un jour‖ sur les eaux écumantesVomiront des rochers‖ et des îles fumantes.Peindrai-je ces vieux caps,‖ sur les ondes pendans ;Ces golfes qu’à leur tour‖ rongent les flots grondans ;Ces monts ensevelis‖ sous ces voûtes obscures,Les Alpes d’autrefois‖ et les Alpes futures ;Tandis que ces vallons,‖ ces monts que voit le jour,Dans les profondes eaux‖ vont rentrer à leur tour ?Échanges éternels‖ de la terre et de l’onde,Qui semblent lentement‖ se disputer le monde !Ainsi l’ancre s’attache‖ où paissoient les troupeaux ;Ainsi roulent des chars‖ où voguoient des vaisseaux !Et le monde, vieilli‖ par la mer qui voyage,Dans l’abyme des temps‖ s’en va cacher son âge.

Après les vastes mers‖ et leurs mouvans tableaux,Vous aimerez à voir‖ les fleuves, les ruisseaux ;Non point ceux qu’ont chantés‖ tous ces rimeurs si fadesDe qui les vers usés‖ ont vieilli leurs nayades,Mais ceux de qui les eaux‖ présentent à vos yeuxDes effets nobles, grands,‖ rares ou curieux.Tantôt dans son berceau‖ vous recherchez leur source ;Tantôt dans ses replis‖ vous observez leur course,Comme, d’un bord à l’autre‖ errans en longs détours,D’angles creux ou saillans‖ chacun marque son cours.

Dirai-je ces ruisseaux,‖ ces sources, ces fontaines,Qui de nos corps souffrans‖ adoucissent les peines ?Là, de votre canton‖ doux et tristes tableaux,La joie et la douleur,‖ les plaisirs et les maux,Vous font chaque printemps‖ leur visite annuelle :Là, mêlant leur gaîté,‖ leur plainte mutuelle,Viennent de tous côtés,‖ exacts au rendez-vous,Des vieillards éclopés,‖ un jeune essaim de foux.Dans le même salon‖ là viennent se confondreLa belle vaporeuse‖ et le triste hypocondre :Lise y vient de son teint‖ rafraîchir les couleurs ;Le guerrier, de sa plaie‖ adoucir les douleurs ;Le gourmand, de sa table‖ expier les délices.Au dieu de la santé‖ tous font leurs sacrifices.Tous, lassant de leurs maux‖ valets, amis, voisins,Veulent être guéris,‖ mais surtout être plaints.Le matin voit errer‖ l’essaim mélancolique ;Le soir, le jeu, le bal,‖ les festins, la musique,Mêlent à mille maux‖ mille plaisirs divers :On croit voir l’élysée‖ au milieu des enfers.

Mais laissant là la foule‖ et ses bruyantes scènes,Reprenons notre course‖ autour de vos domaines,Et du palais magique‖ où se rendent les eauxEnsemble remontons‖ aux lieux de leurs berceaux,Vers ces monts, de vos champs‖ dominateurs antiques.Quels sublimes aspects,‖ quels tableaux romantiques !Sur ces vastes rochers,‖ confusément épars,Je crois voir le génie‖ appeler tous les arts.Le peintre y vient chercher,‖ sous des teintes sans nombre,Les jets de la lumière‖ et les masses de l’ombre :Le poëte y conçoit‖ de plus sublimes chants :Le sage y voit des mœurs‖ les spectacles touchans.Des siècles autour d’eux‖ ont passé comme une heure,Et l’aigle et l’homme libre‖ en aiment la demeure ;Et vous, vous y venez,‖ d’un œil observateur,Admirer dans ses plans‖ l’éternel créateur.Là le temps a tracé‖ les annales du monde.Vous distinguez ces monts,‖ lents ouvrages de l’onde ;Ceux que des feux soudains‖ ont lancés dans les airs,Et les monts primitifs‖ nés avec l’univers ;Leurs lits si variés,‖ leur couche verticale,Leurs terrains inclinés,‖ leur forme horizontale ;Du hasard et du temps‖ travail mystérieux !Tantôt vous parcourez‖ d’un regard curieuxDe leurs rochers pendans‖ l’informe amphithéâtre,L’ouvrage des volcans,‖ le basalte noirâtre,Le granit par les eaux‖ lentement façonné,Et les feuilles du schiste‖ et le marbre veiné.Vous fouillez dans leur sein,‖ vous percez leur structure,Vous y voyez empreints‖ Dieu, l’homme et la nature :La nature, tantôt‖ riante en tous ses traits,De verdure et de fleurs‖ égayant ses attraits ;Tantôt mâle, âpre et forte,‖ et dédaignant les grâces,Fière, et du vieux chaos‖ gardant encor les traces.Ici, modeste encore‖ au sortir du berceau,Glisse en minces filets‖ un timide ruisseau ;Là s’élance en grondant‖ la cascade écumante ;Là le zéphyr caresse,‖ ou l’aquilon tourmente.Vous y voyez unis‖ des volcans, des vergers,Et l’écho du tonnerre,‖ et l’écho des bergers ;Ici de frais vallons,‖ une terre féconde ;Là des rocs décharnés,‖ vieux ossemens du monde ;À leur pied le printemps,‖ sur leurs fronts les hivers.Salut, pompeux Jura !‖ Terrible Montanverts !De neiges, de glaçons,‖ entassemens énormes ;Du temple des frimats‖ colonnades informes !Prismes éblouissans,‖ dont les pans azurés,Défiant le soleil‖ dont ils sont colorés,Peignent de pourpre et d’or‖ leur éclatante masse,Tandis que, triomphant‖ sur son trône de glace,L’hiver s’enorgueillit‖ de voir l’astre du jourEmbellir son palais‖ et décorer sa cour !Non, jamais, au milieu‖ de ces grands phénomènes,De ces tableaux touchans,‖ de ces terribles scènes,L’imagination‖ ne laisse dans ces lieuxOu languir la pensée‖ ou reposer les yeux.

Malheureux cependant‖ les mortels témérairesQui viennent visiter‖ ces horreurs solitaires,Si par un bruit prudent‖ de tous ces noirs frimatsLeurs tubes enflammés‖ n’interrogent l’amas !Souvent un grand effet‖ naît d’une foible cause.Souvent sur ces hauteurs‖ l’oiseau qui se reposeDétache un grain de neige.‖ À ce léger fardeauDes grains dont il s’accroît‖ se joint le poids nouveau ;La neige autour de lui‖ rapidement s’amasse ;De moment en moment‖ il augmente sa masse :L’air en tremble, et soudain,‖ s’écroulant à la fois,Des hivers entassés‖ l’épouvantable poidsBondit de roc en roc,‖ roule de cime en cime,Et de sa chute immense‖ ébranle au loin l’abyme.Les hameaux sont détruits,‖ et les bois emportés ;On cherche en vain la place‖ où furent les cités,Et sous le vent lointain‖ de ces Alpes qui tombent,Avant d’être frappés,‖ les voyageurs succombent.Ainsi quand des excès,‖ suivis d’excès nouveaux,D’un état par degrés‖ ont préparé les maux,De malheur en malheur‖ sa chute se consomme ;Tyr n’est plus, Thèbes meurt,‖ et les yeux cherchent Rome !Ô France, ô ma patrie !‖ ô séjour de douleurs !Mes yeux à ces pensers‖ se sont mouillés de pleurs.

Vos pas sont-ils lassés‖ de ces sites sauvages ?Eh bien ! Redescendez‖ dans ces frais paysages.Là le long des vallons,‖ au bord des clairs ruisseaux,De fertiles vergers,‖ d’aimables arbrisseaux,Et des arbres pompeux‖ et des fleurs odorantes,Viennent vous étaler‖ leurs races différentes.Quel nouvel intérêt‖ ils donnent à vos champs !Observez leurs couleurs,‖ leurs formes, leurs penchans,Leurs amours, leurs hymens,‖ la greffe et ses prodiges ;Comment, des sauvageons‖ civilisant les tiges,L’art corrige leurs fruits,‖ leur prête des rameaux,Et peuple ces vergers‖ de citoyens nouveaux ;Comment, dans les canaux‖ où sa course s’achève,Dans ses balancemens‖ monte et descend la sève ;Comment le suc, enfin,‖ de la même liqueurForme le bois, la feuille,‖ et le fruit et la fleur.

Et les humbles tribus,‖ le peuple immense d’herbesQu’effleure l’ignorant‖ de ses regards superbes,N’ont-ils pas leurs beautés‖ et leurs bienfaits divers ?Le même dieu créa‖ la mousse et l’univers.De leurs secrets pouvoirs‖ connoissez les mystères,Leurs utiles vertus,‖ leurs poisons salutaires.Par eux autour de vous‖ rien n’est inhabité,Et même le désert‖ n’est jamais sans beauté.Souvent, pour visiter‖ leurs riantes peuplades,Vous dirigez vers eux‖ vos douces promenades,Soit que vous parcouriez‖ les coteaux de Marli,Ou le riche Meudon,‖ ou le frais Chantilli.

Et voulez-vous encore‖ embellir le voyage ?Qu’une troupe d’amis‖ avec vous le partage :La peine est plus légère‖ et le plaisir plus doux.Le jour vient, et la troupe‖ arrive au rendez-vous.Ce ne sont point ici‖ de ces guerres barbares,Où les accens du cor‖ et le bruit des fanfaresÉpouvantent de loin‖ les hôtes des forêts.Paissez, jeunes chevreuils,‖ sous vos ombrages frais ;Oiseaux, ne craignez rien :‖ ces chasses innocentesOnt pour objet les fleurs,‖ les arbres et les plantes ;Et des prés et des bois,‖ et des champs et des montsLe porte-feuille avide‖ attend déjà les dons.On part : l’air du matin,‖ la fraîcheur de l’auroreAppellent à l’envi‖ les disciples de Flore.Jussieu marche à leur tête ;‖ il parcourt avec euxDu règne végétal‖ les nourrissons nombreux.Pour tenter son savoir‖ quelquefois leur maliceDe plusieurs végétaux‖ compose un tout factice.Le sage l’aperçoit,‖ sourit avec bonté,Et rend à chaque plant‖ son débris emprunté.Chacun dans sa recherche‖ à l’envi se signale ;Étamine, pistil,‖ et corolle et pétale,On interroge tout.‖ Parmi ces végétauxLes uns vous sont connus,‖ d’autres vous sont nouveauxVous voyez les premiers‖ avec reconnoissance,Vous voyez les seconds‖ des yeux de l’espérance ;L’un est un vieil ami‖ qu’on aime à retrouver,L’autre est un inconnu‖ que l’on doit éprouver.Et quel plaisir encor‖ lorsque des objets rares,Dont le sol, le climat‖ et le ciel sont avares,Rendus par votre attente‖ encor plus précieux,Par un heureux hasard‖ se montrent à vos yeux !Voyez quand la pervenche,‖ en nos champs ignorée,Offre à Rousseau sa fleur‖ si long-temps désirée !La pervenche, grand dieu !‖ La pervenche ! SoudainIl la couve des yeux ;‖ il y porte la main,Saisit sa douce proie :‖ avec moins de tendresseL’amant voit, reconnoît,‖ adore sa maîtresse.

Mais le besoin commande :‖ un champêtre repas,Pour ranimer leur force,‖ a suspendu leurs pas ;C’est au bord des ruisseaux,‖ des sources, des cascades.Bacchus se rafraîchit‖ dans les eaux des Nayades.Des arbres pour lambris,‖ pour tableaux l’horison,Les oiseaux pour concert,‖ pour table le gazon !Le laitage, les œufs,‖ l’abricot, la cerise,Et la fraise des bois,‖ que leurs mains ont conquise,Voilà leurs simples mets ;‖ grâce à leurs doux travauxLeur appétit insulte‖ à tout l’art des méots.On fête, on chante Flore‖ et l’antique Cybèle,Éternellement jeune,‖ éternellement belle.Leurs discours ne sont pas‖ tous ces riens si vantés,Par la mode introduits,‖ par la mode emportés ;Mais la grandeur d’un dieu,‖ mais sa bonté féconde,La nature immortelle‖ et les secrets du monde.La troupe enfin se lève ;‖ on vole de nouveauDes bois à la prairie,‖ et des champs au coteau ;Et le soir dans l’herbier,‖ dont les feuilles sont prêtes,Chacun vient en triomphe‖ apporter ses conquêtes.

Aux plantes toutefois‖ le destin n’a donnéQu’une vie imparfaite,‖ et qu’un instinct borné.Moins étrangers à l’homme‖ et plus près de son être,Les animaux divers‖ sont plus doux à connoître :Les uns sont ses sujets,‖ d’autres ses ennemis ;Ceux-ci ses compagnons,‖ et ceux-là ses amis.Suivez, étudiez‖ ces familles sans nombre :Ceux que cachent les bois,‖ qu’abrite un antre sombre ;Ceux dont l’essaim léger‖ perche sur des rameaux,Les hôtes de vos cours,‖ les hôtes des hameaux ;Ceux qui peuplent les monts,‖ qui vivent sous la terre ;Ceux que vous combattez,‖ qui vous livrent la guerre.Étudiez leurs mœurs,‖ leurs ruses, leurs combats,Et surtout les degrés,‖ si fins, si délicats,Par qui l’instinct changeant‖ de l’échelle vivanteOu s’élève vers l’homme,‖ ou descend vers la plante.

C’est peu ; pour vous donner‖ un intérêt nouveau,De ces vastes objets‖ rassemblez le tableau.Que d’un lieu préparé‖ l’étroite enceinte assembleLes trois règnes rivaux,‖ étonnés d’être ensemble.Que chacun ait ici‖ ses tiroirs, ses cartons ;Que, divisés par classe,‖ et rangés par cantons,Ils offrent de plaisir‖ une source féconde,L’extrait de la nature‖ et l’abrégé du monde.

Mais plutôt réprimez‖ de trop vastes projets.Contentez-vous d’abord‖ d’étaler les objetsDont le ciel a pour vous‖ peuplé votre domaine,Sur qui votre regard‖ chaque jour se promène :Nés dans vos propres champs,‖ ils vous en plairont mieux.Entre les minéraux‖ présentez à nos yeuxLes terres et les sels,‖ le soufre, le bitume ;La pyrite, cachant‖ le feu qui la consume ;Les métaux colorés,‖ et les brillans cristaux,Nobles fils du rocher,‖ aussi purs que ses eaux ;L’argile à qui le feu‖ donna l’éclat du verre,Et les bois que les eaux‖ ont transformés en pierre,Soit qu’un limon durci‖ les recouvre au dehors,Soit que des sucs pierreux‖ aient pénétré leurs corps ;Enfin tous ces objets,‖ combinaisons fécondesDe la flamme, de l’air,‖ de la terre et de l’onde.

D’un œil plus curieux‖ et plus avide encorDu règne végétal‖ je cherche le trésor.Là, sont en cent tableaux,‖ avec art mariées,Du varec, fils des mers,‖ les teintes variées ;Le lichen parasite,‖ aux chênes attaché ;Le puissant agaric,‖ qui du sang épanchéArrête les ruisseaux,‖ et dont le sein fidèleDu caillou pétillant‖ recueille l’étincelle ;Le nénuphar, ami‖ de l’humide séjour,Destructeur des plaisirs‖ et poison de l’amour,Et ces rameaux vivans,‖ ces plantes populeuses,De deux règnes rivaux‖ races miraculeuses.

Dans le monde vivant‖ même variété !Le contraste surtout‖ en fera la beauté.Un même lieu voit l’aigle‖ et la mouche légère,Les oiseaux du climat,‖ la caille passagère,L’ours à la masse informe‖ et le léger chevreuil,Et la lente tortue‖ et le vif écureuil ;L’animal recouvert‖ de son épaisse croûte,Celui dont la coquille‖ est arrondie en voûte ;L’écaille du serpent,‖ et celle du poisson,Le poil uni du rat,‖ les dards du hérisson ;Le nautile, sur l’eau‖ dirigeant sa gondole ;La grue, au haut des airs‖ naviguant sans boussole ;Le perroquet, le singe,‖ imitateurs adroits,L’un des gestes de l’homme‖ et l’autre de sa voix ;Les peuples casaniers,‖ les races vagabondes ;L’équivoque habitant‖ de la terre et des ondes,Et les oiseaux rameurs,‖ et les poissons ailés.

Vous-mêmes dans ces lieux‖ vous serez appelés,Vous le dernier degré‖ de cette grande échelle,Vous, insectes sans nombre,‖ ou volans ou sans aile,Qui rampez dans les champs,‖ sucez les arbrisseaux,Tourbillonnez dans l’air,‖ ou jouez sur les eaux.

Là je place le ver,‖ la nymphe, la chenille ;Son fils, beau parvenu,‖ honteux de sa famille ;L’insecte de tout rang‖ et de toutes couleurs,L’habitant de la fange,‖ et les hôtes des fleurs ;Et ceux qui, se creusant‖ un plus secret asile,Des tumeurs d’une feuille‖ ont fait leur domicile ;Le ver rongeur des fruits,‖ et le ver assassin,En rubans animés‖ vivant dans notre sein.J’y veux voir de nos murs‖ la tapissière agile,La mouche qui bâtit,‖ et la mouche qui file ;Ceux qui d’un fil doré‖ composent leur tombeau,Ceux dont l’amour dans l’ombre‖ allume le flambeau ;L’insecte dont un an‖ borne la destinée ;Celui qui naît, jouit‖ et meurt dans la journée,Et dont la vie au moins‖ n’a pas d’instans perdus.Vous tous, dans l’univers‖ en foule répandus,Dont les races sans fin,‖ sans fin se renouvellent,Insectes, paroissez,‖ vos cartons vous appellent.Venez avec l’éclat‖ de vos riches habits,Vos aigrettes, vos fleurs,‖ vos perles, vos rubis,Et ces fourreaux brillans,‖ et ces étuis fidèles,Dont l’écaille défend‖ la gaze de vos ailes ;Ces prismes, ces miroirs,‖ savamment travaillés ;Ces yeux qu’avec tant d’art‖ la nature a taillés,Les uns semés sur vous‖ en brillans microscopes,D’autres se déployant‖ en de longs télescopes.Montrez-moi ces fuseaux,‖ ces tarrières, ces dards,Armes de vos combats,‖ instrumens de vos arts,Et les filets prudens‖ de ces longues antennes,Qui sondent devant vous‖ les routes incertaines.Que j’observe de près‖ ces clairons, ces tambours,Signal de vos fureurs,‖ signal de vos amours,Qui guidoient vos héros‖ dans les champs de la gloire,Et sonnoient le danger,‖ la charge et la victoire ;Enfin tous ces ressorts,‖ organes merveilleux,Qui confondent des arts‖ le savoir orgueilleux,Chefs-d’œuvres d’une main‖ en merveilles féconde,Dont un seul prouve un dieu,‖ dont un seul vaut un monde.Tel est le triple empire‖ à vos ordres soumis.De nouveaux citoyens‖ sans cesse y sont admis.Cette ardeur d’acquérir‖ que chaque jour augmente,Vous embellira tout ;‖ une pierre, une plante,Un insecte qui vole,‖ une fleur qui sourit,Tout vous plaît, tout vous charme,‖ et déjà votre espritVoit le rang, le gradin,‖ la tablette fidèle,Tout prêts à recevoir‖ leur richesse nouvelle ;Et peut-être en secret‖ déjà vous flattez-vousDu dépit d’un rival‖ et d’un voisin jaloux.Là les yeux sont charmés,‖ la pensée est active ;L’imagination‖ n’y reste point oisive ;Et, quand par les frimats‖ vous êtes retenus,Elle part, elle vole‖ aux lieux, aux champs connus ;Elle revoit le bois,‖ le coteau, la prairie,Où, s’offrant tout à coup‖ à votre rêverie,Une fleur, un arbuste,‖ un caillou précieuxVint suspendre vos pas,‖ et vint frapper vos yeux.

Et lorsque vous quittez‖ enfin votre retraite,Combien des souvenirs‖ l’illusion secrèteDes campagnes pour vous‖ embellit le tableau !Là votre œil découvrit‖ un insecte nouveau ;Ici la mer, couvrant‖ ou quittant son rivage,Vous fit don d’un fucus,‖ ou d’un beau coquillage :Là sortit de la mine‖ un riche échantillon ;Ici, nouveau pour vous,‖ un brillant papillonFut surpris sur ces fleurs,‖ et votre main avideDe son règne incomplet‖ courut remplir le vide.Vous marchez : vos trésors,‖ vos plaisirs sont par tout.

Cependant arrangez‖ ces trésors avec goût ;Que dans tous vos cartons‖ un ordre heureux réside.Qu’à vos compartimens‖ avec grâce présideLa propreté, l’aimable‖ et simple propreté,Qui donne un air d’éclat‖ même à la pauvreté.Surtout des animaux‖ consultez l’habitude ;Conservez à chacun‖ son air, son attitude,Son maintien, son regard.‖ Que l’oiseau semble encor,Perché sur son rameau,‖ méditer son essor.Avec son air fripon‖ montrez-nous la beletteÀ la mine allongée,‖ à la taille fluette ;Et, sournois dans son air,‖ rusé dans son regard,Qu’un projet d’embuscade‖ occupe le renard.Que la nature enfin‖ soit partout embellie,Et même après la mort‖ y ressemble à la vie.

Laissez aux cabinets‖ des villes et des roisCes corps où la nature‖ a violé ses lois,Ces fœtus monstrueux,‖ ces corps à double tête,La momie à la mort‖ disputant sa conquête,Et ces os de géant,‖ et l’avorton hideuxQue l’être et le néant‖ réclamèrent tous deux.Mais si quelqu’oiseau cher,‖ un chien, ami fidèle,A distrait vos chagrins,‖ vous a marqué son zèle,Au lieu de lui donner‖ ces honneurs du cercueilQui dégradent la tombe‖ et profanent le deuil,Faites-en dans ces lieux‖ la simple apothéose :Que dans votre élysée‖ avec grâce il repose !C’est là qu’on veut le voir ;‖ c’est là que tu vivrois,Ô toi dont Lafontaine‖ eût vanté les attraits,Ô ma chère Raton,‖ qui, rare en ton espèce,Eus la grâce du chat‖ et du chien la tendresse ;Qui, fière avec douceur‖ et fine avec bonté,Ignoras l’égoïsme‖ à ta race imputé.Là je voudrois te voir,‖ telle que je t’ai vue,De ta molle fourrure‖ élégamment vêtue,Affectant l’air distrait,‖ jouant l’air endormi,Épier une mouche,‖ ou le rat ennemi,Si funeste aux auteurs,‖ dont la dent téméraireRonge indifféremment‖ Dubartas ou Voltaire ;Ou telle que tu viens,‖ minaudant avec art,De mon sobre dîner‖ solliciter ta part ;Ou bien, le dos en voûte‖ et la queue ondoyante,Offrir ta douce hermine‖ à ma main caressante,Ou déranger gaîment‖ par mille bonds diversEt la plume et la main‖ qui t’adressa ces vers.

Fin du troisième chant.

Versification

Forme
Distiques
Rimes
325((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Strophes
33 distiques
Mots à la rime
a penchans / champs masculine, classiqueb ignorance / indifférence féminine, classiquea hauteur / l’auteur masculine, classiqueb vastes / contrastes féminine, classiquea canaux / rameaux masculine, classiqueb errante / transparente féminine, classiquea couleurs / fleurs masculine, classiqueb famille / charmille féminine, classiquea concerts / l’univers masculine, classiqueb pure / nature féminine, classiquea importans / instans masculine, classiqueb connoissances / jouissances féminine, classiquea secrets / sujets masculine, classiqueb assemble / ensemble féminine, classiquea variété / beauté masculine, classiqueb verdure / murmure féminine, classiquea majestueux / voluptueux masculine, classiqueb affreuses / désastreuses féminine, classiquea abandonné / désordonné masculine, classiqueb sauvage / image féminine, classiquea bienfaits / effets masculine, classiqueb génie / l’harmonie féminine, classiquea profonds / Buffons masculine, classiqueb déluge / refuge féminine, classiquea mer / l’air masculine, classiqueb campagnes / montagnes féminine, classiquea tombeaux / lambeaux masculine, classiqueb l’onde / monde féminine, classiquea enfermés / enflammés masculine, classiqueb intestines / ruines féminine, classiquea vous / doux masculine, classiqueb courses / sources féminine, classiquea étrangers / légers masculine, classiqueb plongèrent / surnagèrent féminine, classiquea séjour / tour masculine, classiqueb répandirent / s’étendirent féminine, classiquea rameaux / eaux masculine, classiqueb caractères / étrangères féminine, classiquea courroux / nous masculine, classiqueb profondes / ondes féminine, classiquea eaux / rameaux masculine, classiqueb l’ouvrage / ravage féminine, classiquea constans / temps masculine, classiqueb village / l’image féminine, classiquea consultons / cantons masculine, classiquea lentement / fondement masculine, classiqueb écroulées / refoulées féminine, classiquea remparts / épars masculine, classiqueb ruines / ravines féminine, classiquea assis / récits masculine, classiquea eaux / nouveaux masculine, classiqueb terre / guerre féminine, classiquea escarpé / détrempé masculine, classiqueb nue féminine, classiquea hideux / lieux masculine, classiqueb différence / substance féminine, classiquea jeté / pureté masculine, classiqueb plaines / veines féminine, classiquea curieux / furieux masculine, classiqueb poudre / foudre féminine, classiquea cité / épouvanté masculine, classiqueb profonde / l’onde féminine, classiquea ensevelis / lits masculine, classiqueb verdure / parure féminine, classiquea dévorans / torrens masculine, classiqueb gouffre / soufre féminine, classiquea flancs / bouillans masculine, classiqueb turbulentes / brûlantes féminine, classiquea cœurs / fleurs masculine, classiqueb noirâtre / théâtre féminine, classiquea assoupis / épis masculine, classiqueb s’efface / trace féminine, classiquea coula / roula masculine, classiqueb répandue / suspendue féminine, classiquea tari / péri masculine, classiqueb l’ignore / encore féminine, classiquea lieux / feux masculine, classiqueb murailles / entrailles féminine, classiquea étonnement / monument masculine, classiqueb antiques / portiques féminine, classiquea fréquentés / habités masculine, classiquea or / trésor masculine, classiqueb tutélaire / père féminine, classiquea main / festin masculine, classiqueb sages / âges féminine, classiquea univers / divers masculine, classiqueb profonde / monde féminine, classiquea vain / souverain masculine, classiqueb peinture / nature féminine, classiquea délicieux / yeux masculine, classiqueb Limagne / campagne féminine, classiquea entr’eux / nombreux masculine, classiquea torrens / errans masculine, classiqueb âges / images féminine, classiquea divers / mers masculine, classiqueb repoussée / pensée féminine, classiquea chéris / débris masculine, classiqueb histoire / mémoire féminine, classiquea animé / formé masculine, classiqueb pétrirent / périrent féminine, classiquea coulé / roulé masculine, classiqueb abymes / cimes féminine, classiquea porta / rejeta masculine, classiqueb l’âge / l’orage féminine, classiquea contemporain / grain masculine, classiquea plaisirs / loisirs masculine, classiqueb domaines / phénomènes féminine, classiquea aspect / respect masculine, classiqueb enfance / immense féminine, classiquea encor / essor masculine, classiqueb ondes / mondes féminine, classiquea profonds / fonds masculine, classiqueb guerrières / entières féminine, classiquea eaux / roseaux masculine, classiqueb héritage / l’orage féminine, classiquea coraux / travaux masculine, classiqueb source / course féminine, classiquea l’œil / écueil masculine, classiqueb lire / empire féminine, classiquea événemens / mouvemens masculine, classiqueb terre / tonnerre féminine, classiquea amers / mers masculine, classiqueb écumantes / fumantes féminine, classiquea pendans / grondans masculine, classiqueb obscures / futures féminine, classiquea jour / tour masculine, classiquea troupeaux / vaisseaux masculine, classiqueb voyage / âge féminine, classiquea tableaux / ruisseaux masculine, classiqueb fades / nayades féminine, classiquea yeux / curieux masculine, classiquea détours / cours masculine, classiqueb fontaines / peines féminine, classiquea tableaux / maux masculine, classiqueb annuelle / mutuelle féminine, classiquea rendez-vous / foux masculine, classiqueb confondre / hypocondre féminine, classiquea couleurs / douleurs masculine, classiqueb délices / sacrifices féminine, classiquea voisins / plaints masculine, classiqueb mélancolique / musique féminine, classiquea divers / enfers masculine, classiqueb scènes / domaines féminine, classiquea eaux / berceaux masculine, classiqueb antiques / romantiques féminine, classiquea épars / arts masculine, classiqueb nombre / l’ombre féminine, classiquea chants / touchans masculine, classiqueb heure / demeure féminine, classiquea observateur / créateur masculine, classiqueb monde / l’onde féminine, classiquea airs / l’univers masculine, classiqueb verticale / horizontale féminine, classiquea mystérieux / curieux masculine, classiqueb amphithéâtre / noirâtre féminine, classiquea façonné / veiné masculine, classiqueb structure / nature féminine, classiquea traits / attraits masculine, classiqueb grâces / traces féminine, classiquea berceau / ruisseau masculine, classiqueb écumante / tourmente féminine, classiquea vergers / bergers masculine, classiqueb féconde / monde féminine, classiquea hivers / Montanverts masculine, classiqueb énormes / informes féminine, classiquea azurés / colorés masculine, classiqueb masse / glace féminine, classiquea jour / cour masculine, classiqueb phénomènes / scènes féminine, classiquea lieux / yeux masculine, classiqueb téméraires / solitaires féminine, classiquea frimats / l’amas masculine, classiqueb cause / repose féminine, classiquea fardeau / nouveau masculine, classiqueb s’amasse / masse féminine, classiquea fois / poids masculine, classiqueb cime / l’abyme féminine, classiquea emportés / cités masculine, classiqueb tombent / succombent féminine, classiquea nouveaux / maux masculine, classiqueb consomme / Rome féminine, classiquea douleurs / pleurs masculine, classiqueb sauvages / paysages féminine, classiquea ruisseaux / arbrisseaux masculine, classiqueb odorantes / différentes féminine, classiquea champs / penchans masculine, classiqueb prodiges / tiges féminine, classiquea rameaux / nouveaux masculine, classiqueb s’achève / sève féminine, classiquea liqueur / fleur masculine, classiqueb d’herbes / superbes féminine, classiquea divers / l’univers masculine, classiqueb mystères / salutaires féminine, classiquea inhabité / beauté masculine, classiqueb peuplades / promenades féminine, classiquea Marli / Chantilli masculine, classiqueb voyage / partage féminine, classiquea doux / rendez-vous masculine, classiqueb barbares / fanfares féminine, classiquea forêts / frais masculine, classiqueb innocentes / plantes féminine, classiquea monts / dons masculine, classiqueb l’aurore / Flore féminine, classiquea eux / nombreux masculine, classiqueb malice / factice féminine, classiquea bonté / emprunté masculine, classiqueb signale / pétale féminine, classiquea végétaux / nouveaux masculine, classiqueb reconnoissance / l’espérance féminine, classiquea retrouver / éprouver masculine, classiqueb rares / avares féminine, classiquea précieux / yeux masculine, classiqueb ignorée / désirée féminine, classiquea Soudain / main masculine, classiqueb tendresse / maîtresse féminine, classiquea repas / pas masculine, classiqueb cascades / Nayades féminine, classiquea l’horison / gazon masculine, classiqueb cerise / conquise féminine, classiquea travaux / méots masculine, classiqueb Cybèle / belle féminine, classiquea vantés / emportés masculine, classiquea nouveau / coteau masculine, classiqueb prêtes / conquêtes féminine, classiquea donné / borné masculine, classiqueb être / connoître féminine, classiquea ennemis / amis masculine, classiqueb nombre / sombre féminine, classiquea rameaux / hameaux masculine, classiquea combats / délicats masculine, classiqueb vivante / plante féminine, classiquea nouveau / tableau masculine, classiquea cartons / cantons masculine, classiquea projets / objets masculine, classiqueb domaine / promène féminine, classiquea mieux / yeux masculine, classiqueb bitume / consume féminine, classiquea cristaux / eaux masculine, classiqueb verre / pierre féminine, classiquea dehors / corps masculine, classiqueb fécondes / l’onde féminine, non classiquea encor / trésor masculine, classiqueb mariées / variées féminine, classiquea attaché / épanché masculine, classiqueb fidèle / l’étincelle féminine, classiquea séjour / l’amour masculine, classiqueb populeuses / miraculeuses féminine, classiqueb légère / passagère féminine, classiquea chevreuil / écureuil masculine, classiqueb croûte / voûte féminine, classiquea poisson / hérisson masculine, classiqueb gondole / boussole féminine, classiquea adroits / voix masculine, classiqueb vagabondes / ondes féminine, classiquea ailés / appelés masculine, classiqueb échelle / aile féminine, classiquea arbrisseaux / eaux masculine, classiqueb chenille / famille féminine, classiqueb asile / domicile féminine, classiquea assassin / sein masculine, classiqueb agile / file féminine, classiquea tombeau / flambeau masculine, classiqueb destinée / journée féminine, classiquea perdus / répandus masculine, classiqueb renouvellent / appellent féminine, classiquea habits / rubis masculine, classiqueb fidèles / ailes féminine, classiquea travaillés / taillés masculine, classiqueb microscopes / télescopes féminine, classiquea dards / arts masculine, classiqueb antennes / incertaines féminine, classiquea tambours / amours masculine, classiqueb gloire / victoire féminine, classiquea merveilleux / orgueilleux masculine, classiquea soumis / admis masculine, classiqueb augmente / plante féminine, classiquea sourit / esprit masculine, classiqueb fidèle / nouvelle féminine, classiquea flattez-vous / jaloux masculine, classiqueb active / oisive féminine, classiquea retenus / connus masculine, classiqueb prairie / rêverie féminine, classiqueb retraite / secrète féminine, classiquea tableau / nouveau masculine, classiqueb rivage / coquillage féminine, classiquea échantillon / papillon masculine, classiqueb avide / vide féminine, classiquea tout / goût masculine, classiqueb réside / préside féminine, classiquea propreté / pauvreté masculine, classiqueb l’habitude / attitude féminine, classiqueb belette / fluette féminine, classiquea regard / renard masculine, classiqueb embellie / vie féminine, classiquea rois / lois masculine, classiqueb tête / conquête féminine, classiquea hideux / deux masculine, classiqueb fidèle / zèle féminine, classiquea cercueil / deuil masculine, classiqueb apothéose / repose féminine, classiquea vivrois / attraits masculine, classiqueb espèce / tendresse féminine, classiquea bonté / imputé masculine, classiqueb vue / vêtue féminine, classiquea endormi / ennemi masculine, classiqueb téméraire / Voltaire féminine, classiquea art / part masculine, classiqueb ondoyante / caressante féminine, classiquea divers / vers masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

650 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Homme des champs ou les Géorgiques françaises, Basle, Jacques Decker, 1800· numérisation CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) http://www.cnrtl.fr/corpus/frantext/frantext.php· Sources