Les Jardins, 1782
Chant quatrième
Non, je ne puis quitter‖ le spectacle des champs.Eh ! qui dédaignerait‖ ce sujet de mes chants :Il inspirait Virgile,‖ il séduisait Homère.Homère, qui d’Achille‖ a chanté la colère,Qui nous peint la terreur‖ attelant ses coursiers,Le vol sifflant des dards,‖ le choc des boucliers,Le trident de Neptune‖ ébranlant les murailles,Se plaît à rappeler‖ au milieu des bataillesLes bois, les prés, les champs ;‖ et de ces frais tableauxLes riantes couleurs‖ délassent ses pinceaux.Et, lorsque pour Achille‖ il prépare des armes,S’il y grave d’abord‖ les sièges, les alarmes,Le vainqueur tout poudreux,‖ le vaincu tout sanglant,Sa main trace bientôt‖ d’un burin consolantLa vigne, les troupeaux,‖ les bois, les pâturages.Le héros se revêt‖ de ces douces images,Part, et porte à travers‖ les affreux bataillonsL’innocente vendange,‖ et les riches moissons.Chantre divin, je laisse‖ à tes muses altièresLe soin de diriger‖ ces phalanges guerrières ;Diriger les jardins‖ est mon paisible emploi.Déjà le sol docile‖ a reconnu ma loi ;Des gazons l’ont couvert,‖ et de sa main vermeilleFlore sur leur tapis‖ a versé sa corbeille.Des bois ont couronné‖ les rochers et les eaux.Maintenant, pour jouir‖ de ces brillants tableaux,Dans ces champs découverts,‖ sous ces obscures voûtesD’agréables sentiers‖ vont me frayer des routes.Des scènes à ma voix‖ naîtront de toutes parts ;Pour les orner enfin‖ j’y conduirai les arts,Et le ciseau divin,‖ la noble architectureVont de ces lieux charmants‖ achever la parure.
Les sentiers, de nos pas‖ guides ingénieux,Doivent, en les montrant,‖ nous embellir ces lieux.Dans vos jardins naissants‖ je défends qu’on les trace.Dans vos plants achevés‖ l’œil choisit mieux leur place.Vers les plus beaux aspects‖ sachez les diriger.Voyez, lorsque vous-même‖ aux yeux de l’étrangerVous montrez vos travaux,‖ votre art avec adresseVa chercher ce qui plaît,‖ évite ce qui blesse,Lui découvre en passant‖ des sites enchantés,Lui réserve au retour‖ de nouvelles beautés,De surprise en surprise‖ et l’amuse, et l’entraîne,D’une scène qui fuit‖ fait naître une autre scène,Et toujours remplissant‖ ou piquant son désir,Souvent, pour l’augmenter,‖ diffère son plaisir.Eh bien ! que vos sentiers‖ vous imitent vous-même.
Dans leurs formes encor‖ fuyez tout vain système,Enfant du mauvais goût,‖ par la mode adopté.La mode règne aux champs,‖ ainsi qu’à la cité.Quand de leur symétrique‖ et pompeuse ordonnanceLes jardins d’Italie‖ eurent charmé la France,Tout de cet art brillant‖ fut prompt à s’éblouir :Pas un arbre au cordeau‖ n’osa désobéir ;Tout s’aligna. Partout,‖ en deux rangs étalées,S’allongèrent sans fin‖ d’éternelles allées.Autre temps, autre goût.‖ Enfin le parc anglaisD’une beauté plus libre‖ avertit le français.Dès lors on ne vit plus‖ que lignes ondoyantes,Que sentiers tortueux,‖ que routes tournoyantes.Lassé d’errer, en vain‖ le terme est devant moi ;Il faut encor errer,‖ serpenter malgré soi,Et, maudissant vingt fois‖ votre importune adresse,Suivre sans cesse un but‖ qui recule sans cesse.Évitez ces excès ;‖ tout excès dure peu.De ces sentiers divers‖ chaque genre a son lieu.L’un conduit aux aspects‖ dont la grandeur frappanteDe loin fixe mes yeux‖ et nourrit mon attente.L’autre m’égarera‖ dans ces réduits secretsQu’un art mystérieux‖ semble voiler exprès.Mais rendez naturel‖ ce Dédale factice.Qu’il ait l’air du besoin,‖ et non pas du caprice.Que divers accidents‖ rencontrés dans son cours,Les bois, les eaux, le sol‖ commandent ces détours.Dans leur forme j’exige‖ une heureuse souplesse.Des longs alignements‖ si je hais la tristesse,Je hais bien plus encor‖ le cours embarrasséD’un sentier qui, pareil‖ à ce serpent blessé,En replis convulsifs‖ sans cesse s’entrelace,De détours redoublés‖ m’inquiète, me lasse,Et, sans variété,‖ brusque et capricieux,Tourmente et le terrain,‖ et mes pas et mes yeux.
Il est des plis heureux,‖ des courbes naturellesDont les champs quelquefois‖ vous offrent des modèles.La route de ces chars,‖ la trace des troupeauxQui d’un pas négligent‖ regagnent les hameaux,La bergère indolente,‖ et qui dans les prairiesSemble suivre au hasard‖ ses tendres rêveries,Vous enseignent ces plis‖ mollement onduleux.Loin donc de vos sentiers‖ ces contours anguleux.Surtout, quand vers le but‖ un long détour vous mène,Songez que le plaisir‖ doit racheter la peine.
Des poètes fameux‖ osez imiter l’art.Si leur muse en marchant‖ se permet quelque écart,Ce détour me rit plus‖ que le chemin lui-même.C’est Nisus défendant‖ Euryale qu’il aime,C’est au tombeau d’Hector‖ son Andromaque en pleurs.Qu’ainsi votre art m’égare‖ en de douces erreurs.Des plus riants objets‖ égayez le passage,Et qu’au terme arrivés‖ votre art nous dédommage,Par d’aimables aspects,‖ de riches ornements,De ce vivant poème‖ épisodes charmants.
Ici, vous m’offrirez‖ des antres verts et sombres,Qu’habitent la fraîcheur,‖ le silence et les ombres.L’imagination‖ y devance les yeux.Plus loin, c’est un beau lac‖ qui réfléchit les cieux.Tantôt, dans le lointain‖ confuse et fugitive,Se déploie une riche‖ et vaste perspective.Quelquefois un bosquet‖ riant, mais recueilli,Par la nature et vous‖ à la fois embelli,Plein d’ombres et de fleurs,‖ et d’un luxe champêtre,Semble dire : « Arrêtez ;‖ où pouvez-vous mieux être ? »Soudain la scène change :‖ au lieu de la gaieté,C’est la mélancolie‖ et la tranquillité,C’est le calme imposant‖ des lieux où sont nourriesLa méditation,‖ les longues rêveries.Là, l’homme avec son cœur‖ revient s’entretenir,Médite le présent,‖ plonge dans l’avenir,Songe aux biens, songe aux maux‖ épars dans sa carrière ;Quelquefois, rejetant‖ ses regards en arrière,Se plaît à distinguer‖ dans le cercle des joursCe peu d’instants, hélas !‖ et si chers et si courts,Ces fleurs dans un désert,‖ ces temps où le ramèneLe regret du bonheur,‖ et même de la peine.
Craignez donc d’imiter‖ ces froids décorateursQui ne veulent jamais‖ que des objets flatteurs.Jamais rien de hardi‖ dans leurs froids paysages :Partout de frais berceaux‖ et d’élégants bocages.Toujours des fleurs, toujours‖ des festons ; c’est toujoursOu le temple de Flore,‖ ou celui des Amours.Leur gaieté monotone‖ à la fin m’importune.Mais vous, osez sortir‖ de la route commune.Inventez, hasardez‖ des contrastes heureux ;Des effets opposés‖ peuvent s’aider entre eux.Imitez le Poussin.‖ Aux fêtes bocagèresIl nous peint des bergers‖ et de jeunes bergères,Les bras entrelacés‖ dansant sous des ormeaux,Et près d’eux une tombe‖ où sont écrits ces mots :Et moi, je fus aussi‖ pasteur dans l’Arcadie.Ce tableau des plaisirs,‖ du néant de la vie,Semble dire : « Mortels,‖ hâtez-vous de jouir ;Jeux, danses et bergers,‖ tout va s’évanouir ».Et dans l’âme attendrie,‖ à la vive allégresseSuccède par degrés‖ une douce tristesse.
Imitez ces effets.‖ Dans de riants tableauxNe craignez point d’offrir‖ des urnes, des tombeaux,D’offrir de vos douleurs‖ le monument fidèle.Eh ! qui n’a pas pleuré‖ quelque perte cruelle ?Loin d’un monde léger‖ venez donc à vos pleurs,Venez associer‖ les bois, les eaux, les fleurs.Tout devient un ami‖ pour les âmes sensibles ;Déjà, pour l’embrasser‖ de leurs ombres paisibles,Se penchent sur la tombe,‖ objet de vos regrets,L’if, le sombre sapin ;‖ et toi, triste cyprès,Fidèle ami des morts,‖ protecteur de leur cendre,Ta tige chère au cœur‖ mélancolique et tendre,Laisse la joie au myrte‖ et la gloire au laurier ;Tu n’es point l’arbre heureux‖ de l’amant, du guerrier,Je le sais ; mais ton deuil‖ compatit à nos peines.
Dans tous ces monuments‖ point de recherches vaines.Pouvez-vous allier‖ dans ces objets touchantsL’art avec la douleur,‖ le luxe avec les champs ?Surtout ne feignez rien.‖ Loin ce cercueil factice,Ces urnes sans douleur,‖ que plaça le caprice.Loin ces vains monuments‖ d’un chien ou d’un oiseau.C’est profaner le deuil,‖ insulter au tombeau.
Ah ! si d’aucun ami‖ vous n’honorez la cendre,Voyez sous ces vieux ifs‖ la tombe où vont se rendreCeux qui, courbés pour vous‖ sur des sillons ingratsAu sein de la misère‖ espèrent le trépas.Rougiriez-vous d’orner‖ leurs humbles sépultures ?Vous n’y pouvez graver‖ d’illustres aventures,Sans doute. Depuis l’aube,‖ où le coq matinalDes rustiques travaux‖ leur donne le signal,Jusques à la veillée,‖ où leur jeune familleEnvironne avec eux‖ le sarment qui pétille,Dans les mêmes travaux‖ roulent en paix leurs jours.Des guerres, des traités‖ n’en marquent point le cours.Naître, souffrir, mourir,‖ c’est toute leur histoire.Mais leur cœur n’est point sourd‖ au bruit de leur mémoire.Quel homme vers la vie,‖ au moment du départ,Ne se tourne, et ne jette‖ un triste et long regard,À l’espoir d’un regret‖ ne sent pas quelque charme,Et des yeux d’un ami‖ n’attend pas une larme ?Pour consoler leur vie,‖ honorez donc leur mort.Celui qui de son rang‖ faisant rougir le sort,Servit son dieu, son roi,‖ son pays, sa famille,Qui grava la pudeur‖ sur le front de sa fille,D’une pierre moins brute‖ honorez son tombeau ;Tracez-y ses vertus‖ et les pleurs du hameau ;Qu’on y lise : Ci-gît‖ le bon fils, le bon père,Le bon époux. Souvent‖ un charme involontaireVers ces enclos sacrés‖ appellera vos yeux.Et toi qui vins chanter‖ sous ces arbres pieux,Avant de les quitter,‖ muse, que ta guirlandeDemeure à leurs rameaux‖ suspendue en offrande.Que d’autres dans leurs vers‖ célèbrent la beauté ;Que leur muse, toujours‖ ivre de volupté,Ne se montre jamais‖ qu’un myrte sur la tête,Qu’avec ses chants de joie‖ et ses habits de fête ;Toi, tu dis au tombeau‖ des chants consolateurs,Et ta main la première‖ y jeta quelques fleurs.
Mais entrons, il est temps,‖ sous de plus gais ombrages.L’architecture encore‖ au fond de ces bocagesM’attend, pour les orner‖ d’édifices charmants.Ce ne sont plus du deuil‖ les tristes monuments ;Ce sont d’heureux réduits,‖ qui parmi la verdureOffrent sous mille aspects‖ leur riante parure.Mais j’en permets l’usage,‖ et j’en proscris l’abus.Bannissez des jardins‖ tout cet amas confusD’édifices divers,‖ prodigués par la mode,Obélisque, rotonde,‖ et kiosk, et pagode,Ces bâtiments romains,‖ grecs, arabes, chinois,Chaos d’architecture,‖ et sans but, et sans choix,Dont la profusion‖ stérilement fécondeEnferme en un jardin‖ les quatre parts du monde.N’y cherchez pas non plus‖ un oisif ornement,Et sous l’utilité‖ déguisez l’agrément.
La ferme, le trésor,‖ le plaisir de son maître,Réclamera d’abord‖ sa parure champêtre.Que l’orgueilleux château‖ ne la dédaigne pas ;Il lui doit sa richesse ;‖ et ses simples appasL’emportent sur son luxe,‖ autant que l’art d’ArmideCède au souris naïf‖ d’une vierge timide.La ferme ! à ce seul nom‖ les moissons, les vergers,Le règne pastoral,‖ les doux soins des bergers,Ces biens de l’âge d’or,‖ dont l’image chériePlus tant à mon enfance,‖ âge d’or de la vie,Réveillent dans mon cœur‖ mille regrets touchants.Venez ; de vos oiseaux‖ j’entends déjà les chants ;J’entends rouler les chars‖ qui traînent l’abondance,Et le bruit des fléaux‖ qui tombent en cadence.
Ornez donc ce séjour.‖ Mais absurde à grands frais,N’allez pas ériger‖ une ferme en palais.Élégante à la fois‖ et simple dans son style,La ferme est aux jardins‖ ce qu’aux vers est l’idylle.
Ah ! par les dieux des champs,‖ que le luxe effrontéDe ce modeste lieu‖ soit toujours rejeté.N’allez pas déguiser‖ vos pressoirs et vos granges.Je veux voir l’appareil‖ des moissons, des vendanges.Que le crible, le van‖ où le froment doréBondit avec la paille‖ et retombe épuré,La herse, les traîneaux,‖ tout l’attirail champêtreSans honte à mes regards‖ osent ici paraître.Surtout, des animaux‖ que le tableau mouvantAu-dedans, au-dehors‖ lui donne un air vivant.Ce n’est plus du château‖ la parure stérile,La grâce inanimée‖ et la pompe immobile :Tout vit, tout est peuplé‖ dans ces murs, sous ces toits.Que d’oiseaux différents‖ et d’instinct et de voix,Habitants sous l’ardoise,‖ ou la tuile, ou le chaume,Famille, nation,‖ république, royaume,M’occupent de leurs mœurs,‖ m’amusent de leurs jeux !À leur tête est le coq,‖ père, amant, chef heureux,Qui, roi sans tyrannie,‖ et sultan sans mollesse,À son sérail ailé‖ prodiguant sa tendresse,Aux droits de la valeur‖ joint ceux de la beauté,Commande avec douceur,‖ caresse avec fierté,Et fait pour les plaisirs,‖ et l’empire, et la gloire,Aime, combat, triomphe,‖ et chante sa victoire.Vous aimerez à voir‖ leurs jeux et leurs combats,Leurs haines, leurs amours,‖ et jusqu’à leurs repas.La corbeille à la main,‖ la sage ménagèreÀ peine a reparu ;‖ la nation légèreDu sommet de ses tours,‖ du penchant de ses toitsEn tourbillons bruyants‖ descend tout à la fois :La foule avide en cercle‖ autour d’elle se presse ;D’autres, toujours chassés‖ et revenant sans cesse,Assiègent la corbeille,‖ et jusques dans la main,Parasites hardis,‖ viennent ravir le grain.
Soignez donc, protégez‖ ce peuple domestique.Que leur logis soit sain,‖ et non pas magnifique.Que lui font des réduits‖ richement décorés,Le marbre des bassins,‖ les grillages dorés ?Un seul grain de millet‖ leur plairait davantage.La Fontaine l’a dit.‖ Ô véritable sage !La Fontaine, c’est toi‖ qu’il faudrait en ces lieux ;Chantre heureux de l’instinct,‖ ils t’inspireraient mieux.Le paon, fier d’étaler‖ l’iris qui le décore,Du dindon rengorgé‖ l’orgueil plus sot encore,Pourraient à nos dépens‖ égayer ton pinceau.Là, de tes deux pigeons‖ tu verrais le tableau,Et deux coqs amoureux‖ à la discorde en proie,Te feraient dire encore :‖ « Amour, tu perdis Troie » !Ainsi nous plaît la ferme‖ et son air animé.
Mais dans cet autre lieu,‖ quel peuple renferméDe ses cris inconnus‖ a frappé mes oreilles ?Là, sont des animaux,‖ étrangères merveilles.Là, dans un doux exil‖ vivent emprisonnésQuadrupèdes, oiseaux,‖ l’un de l’autre étonnés.N’allez point rechercher‖ les espèces bizarres.Préférez les plus beaux,‖ et non pas les plus rares.Offrez-nous ces oiseaux‖ qui, nés sous d’autres cieux,Favoris du soleil,‖ brillent de tous ses feux,L’or pourpré du faisan,‖ l’émail de la pintade.Logez plus richement‖ ces oiseaux de parade ;Eux-mêmes sont un luxe,‖ et puisque leur beautéRachète à vos regards‖ leur inutilité,De ces captifs brillants‖ que les prisons soient belles.Surtout ne m’offrez point‖ ces animaux rebelles,De qui l’orgueil s’indigne,‖ et languit dans nos fers.Eh quel œil sans regret‖ peut voir le roi des airs,L’aigle, qui se jouait‖ au milieu de l’orage,Oublier aujourd’hui‖ dans une indigne cageLa fierté de son vol,‖ et l’éclair de ses yeux ?Rendez-lui le soleil‖ et la voûte des cieux :Un être dégradé‖ ne peut jamais nous plaire.
Mais tandis qu’étalant‖ leur parure étrangère,Ces hôtes différents‖ semblent briguer mon choix,Mon odorat charmé‖ m’appelle sous ces toitsOù, de même exilés‖ et ravis à leur terre,D’étrangers végétaux‖ habitent sous le verre.Entourez d’un air doux‖ ces frêles nourrissons.Mais vainqueur des climats,‖ respectez les saisons ;Ne forcez point d’éclore,‖ au sein de la froidure,Des biens qu’à d’autres temps‖ destinait la nature.Laissez aux lieux flétris‖ par des hivers constantsCes fruits d’un faux été,‖ ces fleurs d’un faux printemps ;Et lorsque le soleil‖ va mûrir vos richesses,Sans forcer ses présents,‖ attendez ses largesses.
Mais j’aime à voir ces toits,‖ ces abris transparentsReceler des climats‖ les tributs différents,Cet asile enhardir‖ le jasmin d’Ibérie,La pervenche frileuse‖ oublier sa patrie,Et le jaune ananas‖ par ces chaleurs trompéVous livrer de son fruit‖ le trésor usurpé.
Motivez donc toujours‖ vos divers édifices,Des animaux, des fleurs‖ agréables hospices.Combien d’autres encore,‖ adoptés par les lieux,Approuvés par le goût,‖ peuvent charmer nos yeux ?Sous ces saules que baigne‖ une onde salutaire,Je placerais du bain‖ l’asile solitaire.Plus loin, une cabane,‖ où règne la fraîcheur,Offrirait les filets‖ et la ligne au pêcheur.
Vous voyez de ce bois‖ la douce solitude ;J’y consacre un asile‖ aux muses, à l’étude.Dans ce majestueux‖ et long enfoncementJ’ordonne un obélisque,‖ auguste monument.Il s’élève, et j’écris‖ sur la pierre attendrie :À nos braves marins,‖ mourants pour la patrie.
Ainsi vos bâtiments,‖ vos asiles diversNe seront point oisifs,‖ ne seront point déserts.Au site assortissez‖ leur figure, leur masse.Que chacun avec goût‖ établi dans sa place,Jamais trop resserré,‖ jamais trop étendu,N’éclipse point la scène,‖ et n’y soit point perdu.
Sachez ce qui convient‖ ou nuit au caractère.Un réduit écarté‖ dans un lieu solitairePeint mieux la solitude‖ encore et l’abandon.Montrez-vous donc fidèle‖ à chaque expression.N’allez pas au grand jour‖ offrir un ermitage.Ne cachez point un temple‖ au fond d’un bois sauvage ;Un temple veut paraître‖ au penchant d’un coteau.Son site aérien‖ répand dans le tableauL’éclat, la majesté,‖ le mouvement, la vie.Je crois voir un aspect‖ de la belle Ausonie.Telle est des bâtiments‖ la grâce et la beauté.
Mais de ces monuments‖ la brillante gaieté,Et leur luxe moderne,‖ et leur fraîche jeunesse,Des antiques débris‖ valent-ils la vieillesse ?L’aspect désordonné‖ de ces grands corps épars,Leur forme pittoresque‖ attache les regards.Par eux le cours des ans‖ est marqué sur la terre.Détruits par les volcans‖ ou l’orage ou la guerre,Ils instruisent toujours,‖ consolent quelquefois.Ces masses qui du temps‖ sentent aussi le poids,Enseignent à céder‖ à ce commun ravage,À pardonner au sort.‖ Telle jadis CarthageVit sur ses murs détruits‖ Marius malheureux,Et ces deux grands débris‖ se consolaient entre eux.
Liez donc à vos plants‖ ces vénérables restes.Et toi, qui m’égarant‖ dans ces sites agrestes,Bien loin des lieux frayés,‖ des vulgaires chemins,Par des sentiers nouveaux‖ guides l’art des jardins,Ô sœur de la peinture,‖ aimable poésie,À ces vieux monuments‖ viens redonner la vie :Viens présenter au goût‖ ces riches accidents,Que de ses lentes mains‖ a dessinés le temps.
Tantôt, c’est une antique‖ et modeste chapelle,Saint asile, où jadis‖ dans la saison nouvelle,Vierges, femmes, enfants,‖ sur un rustique autelVenaient pour les moissons‖ implorer l’éternel.Un long respect consacre‖ encore ces ruines.Tantôt, c’est un vieux fort,‖ qui, du haut des collines,Tyran de la contrée,‖ effroi de ses vassaux,Portait jusques au ciel‖ l’orgueil de ses créneaux ;Qui, dans ces temps affreux‖ de discorde et d’alarmes,Vit les grands coups de lance‖ et les nobles faits d’armesDe nos preux chevaliers,‖ des Bayards, des Henris ;Aujourd’hui la moisson‖ flotte sur ses débris.Ces débris, cette mâle‖ et triste architecture,Qu’environne une fraîche‖ et riante verdure,Ces angles, ces glacis,‖ ces vieux restes de tours,Où l’oiseau couve en paix‖ le fruit de ses amours,Et ces troupeaux peuplant‖ ces enceintes guerrières,Et l’enfant qui se joue‖ où combattaient ses pères,Saisissez ce contraste,‖ et déployez aux yeuxCe tableau doux et fier,‖ champêtre et belliqueux.
Plus loin, une abbaye‖ antique, abandonnée,Tout à coup s’offre aux yeux‖ de bois environnée.Quel silence ! C’est là‖ qu’amante du désertLa Méditation‖ avec plaisir se perdSous ces portiques saints,‖ où des vierges austères,Jadis, comme ces feux,‖ ces lampes solitairesDont les mornes clartés‖ veillent dans le saint lieu,Pâles, veillaient, brûlaient,‖ se consumaient pour Dieu.Le saint recueillement,‖ la paisible innocenceSemble encor de ces lieux‖ habiter le silence.La mousse de ces murs,‖ ce dôme, cette tour,Les arcs de ce long cloître‖ impénétrable au jour,Les degrés de l’autel‖ usés par la prière,Ces noirs vitraux, ce sombre‖ et profond sanctuaireOù peut-être des cœurs‖ en secret malheureuxÀ l’inflexible autel‖ se plaignaient de leurs nœuds,Et pour des souvenirs‖ encor trop pleins de charmes,À la religion‖ dérobaient quelques larmes ;Tout parle, tout émeut‖ dans ce séjour sacré.Là, dans la solitude‖ en rêvant égaré,Quelquefois vous croirez,‖ au déclin d’un jour sombre,D’une Héloïse en pleurs‖ entendre gémir l’ombre.Mettez donc à profit‖ ces restes précieux,Augustes ou touchants,‖ profanes ou pieux.
Mais loin ces monuments‖ dont la ruine feinteImite mal du temps‖ l’inimitable empreinte,Tous ces temples anciens‖ récemment contrefaits,Ces restes d’un château‖ qui n’exista jamais,Ces vieux ponts nés d’hier,‖ et cette tour gothique,Ayant l’air délabré,‖ sans avoir l’air antique,Artifice à la fois‖ impuissant et grossier.Je crois voir cet enfant‖ tristement grimacier,Qui, jouant la vieillesse‖ et ridant son visage,Perd, sans paraître vieux,‖ les grâces du jeune âge.Mais un débris réel‖ intéresse mes yeux.Jadis contemporain‖ de nos simples aïeux,J’aime à l’interroger,‖ je me plais à le croire.Des peuples et des temps‖ il me redit l’histoire.Plus ces temps sont fameux,‖ plus ces peuples sont grands,Et plus j’admirerai‖ ces restes imposants.
Ô champs de l’Italie !‖ ô campagnes de Rome,Où dans tout son orgueil‖ gît le néant de l’homme !C’est là que des débris‖ fameux par de grands noms,Pleins de grands souvenirs‖ et de hautes leçons,Vous offrent ces aspects,‖ trésors des paysages.Voyez de toutes parts,‖ comment le cours des âgesDispersant, déchirant‖ de précieux lambeaux,Jetant temple sur temple,‖ et tombeaux sur tombeaux,De Rome étale au loin‖ la ruine immortelle ;Ces portiques, ces arcs,‖ où la pierre fidèleGarde du peuple-roi‖ les exploits éclatants ;Leur masse indestructible‖ a fatigué le temps.Des fleuves suspendus‖ ici mugissait l’onde ;Sous ces portes passaient‖ les dépouilles du monde ;Partout confusément‖ dans la poussière épars,Les thermes, les palais,‖ les tombeaux des Césars,Tandis que de Virgile,‖ et d’Ovide, et d’Horace,La douce illusion‖ nous montre encor la trace.Heureux, cent fois heureux‖ l’artiste des jardins,Dont l’art peut s’emparer‖ de ces restes divins !Déjà la main du temps‖ sourdement le seconde ;Déjà sur les grandeurs‖ de ces maîtres du mondeLa nature se plaît‖ à reprendre ses droits.Au lieu même où Pompée,‖ heureux vainqueur des rois,Étalait tant de faste,‖ ainsi qu’aux jours d’Évandre,La flûte des bergers‖ revient se faire entendre.Voyez rire ces champs‖ au laboureur rendus,Sur ces combles tremblants‖ ces chevreaux suspendus,L’orgueilleux obélisque‖ au loin couché sur l’herbe,L’humble ronce embrassant‖ la colonne superbe ;Ces forêts d’arbrisseaux,‖ de plantes, de buissons,Montant, tombant en grappe,‖ en touffes, en festons,Par le souffle des vents‖ semés sur ces ruines ;Le figuier, l’olivier,‖ de leurs faibles racinesAchèvent d’ébranler‖ l’ouvrage des romains ;Et la vigne flexible,‖ et le lierre aux cent mains,Autour de ces débris‖ rampant avec souplesse,Semblent vouloir cacher‖ ou parer leur vieillesse.
Mais si vous n’avez pas‖ ces restes renommés,N’avez-vous pas du moins‖ ces bronzes animés,Et ces marbres vivants,‖ déités des vieux âges,Où l’art seul fut divin‖ et força les hommages ?
Je sais qu’un goût sévère‖ a voulu des jardinsExiler tous ces dieux‖ des grecs et des romains.Et pourquoi ? Dans Athène‖ et dans Rome nourrie,Notre enfance a connu‖ leur riante féerie.Ces dieux n’étaient-ils pas‖ laboureurs et bergers ?Pourquoi donc leur fermer‖ vos bois et vos vergers ?Sans Pomone, vos fruits‖ oseront-ils éclore ?De l’empire des fleurs‖ pouvez-vous chasser Flore ?Ah ! que ces dieux toujours‖ enchantent nos regards !L’idolâtrie encore‖ est le culte des arts.Mais que l’art soit parfait ;‖ loin des jardins qu’on chasseCes dieux sans majesté,‖ ces déesses sans grâce.À chaque déité‖ choisissez son vrai lieu.Qu’un dieu n’usurpe pas‖ les droits d’un autre dieu.Laissez Pan dans les bois.‖ D’où vient que ces Naïades,Que ces tritons à sec‖ se mêlent aux dryades ?Pourquoi ce Nil en vain‖ couronné de roseaux,Et dont l’urne poudreuse‖ est l’abri des oiseaux ?Ôtez-moi ces lions‖ et ces tigres sauvages :Ces monstres me font peur,‖ même dans leurs images ;Et ces tristes Césars,‖ cent fois plus monstres qu’eux,Aux portes des bosquets‖ sentinelles affreux,Qui tout hideux encor‖ de soupçons et de crimes,Semblent encor de l’œil‖ désigner leurs victimes,De quel droit s’offrent-ils‖ dans ce riant séjour ?Montrez-moi des mortels‖ plus chers à notre amour.En des lieux consacrés‖ à leur apothéose,Créez un élysée‖ où leur ombre repose.Loin des profanes yeux,‖ dans des vallons couvertsDe lauriers odorants,‖ de myrtes toujours verts,En marbre de Paros‖ offrez-nous leurs images.Qu’une eau lente se plaise‖ à baigner ces bocages,Et qu’aux ombres du soir‖ mêlant un jour douteux,Diane aux doux rayons‖ soit l’astre de ces lieux.Leur tranquille beauté,‖ sous ces dais de verdureDe ces marbres chéris‖ la blancheur tendre et pure,Ces grands hommes, leur calme‖ et simple majesté,Cette eau silencieuse,‖ image du Léthé,Qui semble pour leurs cœurs‖ exempts d’inquiétudeRouler l’oubli des maux‖ et de l’ingratitude,Ces bois, ce jour mourant‖ sous leur ombrage épais,Tout des mânes heureux‖ y respire la paix.Vous donc, n’y consacrez‖ que des vertus tranquilles.Loin tous ces conquérants‖ en ravages fertiles :Comme ils troublaient le monde,‖ ils troubleraient ces lieux.Placez-y les amis‖ des hommes et des dieux,Ceux qui par des bienfaits‖ vivent dans la mémoire,Ces rois dont leurs sujets‖ n’ont point pleuré la gloire.Montrez-y Fénelon‖ à notre œil attendri ;Que Sully s’y relève‖ embrassé par Henri.
Donnez des fleurs, donnez ;‖ j’en couvrirai ces sagesQui, dans un noble exil,‖ sur de lointains rivagesCherchaient ou répandaient‖ les arts consolateurs ;Toi surtout, brave Cook,‖ qui, cher à tous les cœurs,Unis par les regrets‖ la France et l’Angleterre ;Toi qui, dans ces climats‖ où le bruit du tonnerreNous annonçait jadis,‖ Triptolème nouveau,Apportais le coursier,‖ la brebis, le taureau,Le soc cultivateur,‖ les arts de ta patrie,Et des brigands d’Europe‖ expiais la furie.Ta voile en arrivant‖ leur annonçait la paix,Et ta voile en partant‖ leur laissait des bienfaits.Reçois donc ce tribut‖ d’un enfant de la France.Et que fait son pays‖ à ma reconnaissance ?Ses vertus en ont fait‖ notre concitoyen.Imitons notre roi,‖ digne d’être le sien.Hélas ! de quoi lui sert‖ que deux fois son audaceAit vu des cieux brûlants,‖ fendu des mers de glace ;Que des peuples, des vents,‖ des ondes révéré,Seul sur les vastes mers‖ son vaisseau fût sacré ;Que pour lui seul la guerre‖ oubliât ses ravages ?L’ami du monde, hélas !‖ meurt en proie aux sauvages.Vous qui pleurez sa mort,‖ fiers enfants d’Albion,Imitez, il est temps,‖ sa noble ambition.Pourquoi dans vos égaux‖ cherchez-vous des esclaves ?Portez-leur des bienfaits‖ et non pas des entraves.Le front ceint de lauriers‖ cueillis par les Français,La victoire aujourd’hui‖ sollicite la paix.Descends, aimable paix,‖ si longtemps attendue,Descends ; que ta présence‖ à l’univers rendue,Embellisse les lieux‖ qu’ont célébrés mes vers ;Viens ; forme un peuple heureux‖ de cent peuples divers.Rends l’abondance aux champs,‖ rends le commerce aux ondes,Et la vie aux beaux arts,‖ et le calme aux deux mondes.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 282((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 31 distiques
- Mots à la rime
- a champs / chants masculine, classiqueb Homère / colère féminine, classiquea coursiers / boucliers masculine, classiqueb murailles / batailles féminine, classiquea tableaux / pinceaux masculine, classiqueb armes / alarmes féminine, classiquea sanglant / consolant masculine, classiqueb pâturages / images féminine, classiquea bataillons / moissons masculine, classiqueb altières / guerrières féminine, classiquea emploi / loi masculine, classiqueb vermeille / corbeille féminine, classiquea eaux / tableaux masculine, classiqueb voûtes / routes féminine, classiquea parts / arts masculine, classiqueb architecture / parure féminine, classiquea ingénieux / lieux masculine, classiqueb trace / place féminine, classiquea diriger / l’étranger masculine, classiqueb adresse / blesse féminine, classiquea enchantés / beautés masculine, classiqueb l’entraîne / scène féminine, classiquea désir / plaisir masculine, classiqueb vous-même / système féminine, classiquea adopté / cité masculine, classiqueb ordonnance / France féminine, classiquea s’éblouir / désobéir masculine, classiqueb étalées / allées féminine, classiquea anglais / français masculine, classiqueb ondoyantes / tournoyantes féminine, classiquea moi / soi masculine, classiqueb adresse / cesse féminine, classiquea peu / lieu masculine, classiqueb frappante / attente féminine, classiquea secrets / exprès masculine, classiqueb factice / caprice féminine, classiquea cours / détours masculine, classiqueb souplesse / tristesse féminine, classiquea embarrassé / blessé masculine, classiqueb s’entrelace / lasse féminine, classiquea capricieux / yeux masculine, classiqueb naturelles / modèles féminine, classiquea troupeaux / hameaux masculine, classiqueb prairies / rêveries féminine, classiquea onduleux / anguleux masculine, classiqueb mène / peine féminine, classiquea l’art / écart masculine, classiqueb lui-même / aime féminine, classiquea pleurs / erreurs masculine, classiqueb passage / dédommage féminine, classiquea ornements / charmants masculine, classiqueb sombres / ombres féminine, classiquea yeux / cieux masculine, classiqueb fugitive / perspective féminine, classiquea recueilli / embelli masculine, classiqueb champêtre / être féminine, classiquea gaieté / tranquillité masculine, classiqueb nourries / rêveries féminine, classiquea s’entretenir / l’avenir masculine, classiqueb carrière / arrière féminine, classiquea jours / courts masculine, classiqueb ramène / peine féminine, classiquea décorateurs / flatteurs masculine, classiqueb paysages / bocages féminine, classiquea toujours / Amours masculine, classiqueb m’importune / commune féminine, classiquea heureux / eux masculine, classiqueb bocagères / bergères féminine, classiquea ormeaux / mots masculine, classiqueb l’Arcadie / vie féminine, classiquea jouir / s’évanouir masculine, classiqueb allégresse / tristesse féminine, classiquea tableaux / tombeaux masculine, classiqueb fidèle / cruelle féminine, classiquea pleurs / fleurs masculine, classiqueb sensibles / paisibles féminine, classiquea regrets / cyprès masculine, classiqueb cendre / tendre féminine, classiquea laurier / guerrier masculine, classiqueb peines / vaines féminine, classiquea touchants / champs masculine, classiquea oiseau / tombeau masculine, classiqueb cendre / rendre féminine, classiquea ingrats / trépas masculine, classiqueb sépultures / aventures féminine, classiquea matinal / signal masculine, classiqueb famille / pétille féminine, classiquea jours / cours masculine, classiqueb histoire / mémoire féminine, classiquea départ / regard masculine, classiqueb charme / larme féminine, classiquea mort / sort masculine, classiqueb famille / fille féminine, classiquea tombeau / hameau masculine, classiqueb père / involontaire féminine, classiquea yeux / pieux masculine, classiqueb guirlande / offrande féminine, classiquea beauté / volupté masculine, classiqueb tête / fête féminine, classiquea consolateurs / fleurs masculine, classiqueb ombrages / bocages féminine, classiquea charmants / monuments masculine, classiqueb verdure / parure féminine, classiquea l’abus / confus masculine, classiqueb mode / pagode féminine, classiquea chinois / choix masculine, classiqueb féconde / monde féminine, classiquea ornement / l’agrément masculine, classiqueb maître / champêtre féminine, classiquea pas / appas masculine, classiqueb d’Armide / timide féminine, classiquea vergers / bergers masculine, classiqueb chérie / vie féminine, classiquea touchants / chants masculine, classiqueb l’abondance / cadence féminine, classiquea frais / palais masculine, classiqueb style / l’idylle féminine, classiquea effronté / rejeté masculine, classiqueb granges / vendanges féminine, classiquea doré / épuré masculine, classiqueb champêtre / paraître féminine, classiquea mouvant / vivant masculine, classiqueb stérile / immobile féminine, classiquea toits / voix masculine, classiqueb chaume / royaume féminine, classiquea jeux / heureux masculine, classiqueb mollesse / tendresse féminine, classiquea beauté / fierté masculine, classiqueb gloire / victoire féminine, classiquea combats / repas masculine, classiqueb ménagère / légère féminine, classiquea toits / fois masculine, classiqueb presse / cesse féminine, classiquea main / grain masculine, classiqueb domestique / magnifique féminine, classiquea décorés / dorés masculine, classiqueb davantage / sage féminine, classiquea lieux / mieux masculine, classiqueb décore / encore féminine, classiquea pinceau / tableau masculine, classiqueb proie / Troie féminine, classiquea animé / renfermé masculine, classiqueb oreilles / merveilles féminine, classiquea emprisonnés / étonnés masculine, classiqueb bizarres / rares féminine, classiquea cieux / feux masculine, classiqueb pintade / parade féminine, classiquea beauté / inutilité masculine, classiqueb belles / rebelles féminine, classiquea fers / airs masculine, classiqueb l’orage / cage féminine, classiqueb plaire / étrangère féminine, classiquea choix / toits masculine, classiqueb terre / verre féminine, classiquea nourrissons / saisons masculine, classiqueb froidure / nature féminine, classiquea constants / printemps masculine, classiqueb richesses / largesses féminine, classiquea transparents / différents masculine, classiqueb d’Ibérie / patrie féminine, classiquea trompé / usurpé masculine, classiqueb édifices / hospices féminine, classiquea lieux / yeux masculine, classiqueb salutaire / solitaire féminine, classiquea fraîcheur / pêcheur masculine, classiqueb solitude / l’étude féminine, classiquea enfoncement / monument masculine, classiqueb attendrie / patrie féminine, classiquea divers / déserts masculine, classiqueb masse / place féminine, classiquea étendu / perdu masculine, classiqueb caractère / solitaire féminine, classiquea l’abandon / expression masculine, classiqueb ermitage / sauvage féminine, classiquea coteau / tableau masculine, classiqueb vie / Ausonie féminine, classiquea beauté / gaieté masculine, classiqueb jeunesse / vieillesse féminine, classiquea épars / regards masculine, classiqueb terre / guerre féminine, classiquea quelquefois / poids masculine, classiqueb ravage / Carthage féminine, classiquea malheureux / eux masculine, classiqueb restes / agrestes féminine, classiquea chemins / jardins masculine, classiqueb poésie / vie féminine, classiquea accidents / temps masculine, classiqueb chapelle / nouvelle féminine, classiquea autel / l’éternel masculine, classiqueb ruines / collines féminine, classiquea vassaux / créneaux masculine, classiqueb d’alarmes / d’armes féminine, classiquea Henris / débris masculine, classiqueb architecture / verdure féminine, classiquea tours / amours masculine, classiqueb guerrières / pères féminine, classiquea yeux / belliqueux masculine, classiqueb abandonnée / environnée féminine, classiquea désert / perd masculine, classiqueb austères / solitaires féminine, classiquea lieu / Dieu masculine, classiqueb innocence / silence féminine, classiquea tour / jour masculine, classiqueb prière / sanctuaire féminine, classiquea malheureux / nœuds masculine, classiqueb charmes / larmes féminine, classiquea sacré / égaré masculine, classiqueb sombre / l’ombre féminine, classiquea précieux / pieux masculine, classiqueb feinte / empreinte féminine, classiquea contrefaits / jamais masculine, classiqueb gothique / antique féminine, classiquea grossier / grimacier masculine, classiqueb visage / âge féminine, classiquea yeux / aïeux masculine, classiqueb croire / l’histoire féminine, classiquea grands / imposants masculine, classiqueb Rome / l’homme féminine, classiquea noms / leçons masculine, classiqueb paysages / âges féminine, classiquea lambeaux / tombeaux masculine, classiqueb immortelle / fidèle féminine, classiquea éclatants / temps masculine, classiqueb l’onde / monde féminine, classiquea épars / Césars masculine, classiqueb d’Horace / trace féminine, classiquea jardins / divins masculine, classiqueb seconde / monde féminine, classiquea droits / rois masculine, classiqueb d’Évandre / entendre féminine, classiquea rendus / suspendus masculine, classiqueb l’herbe / superbe féminine, classiquea buissons / festons masculine, classiqueb ruines / racines féminine, classiquea romains / mains masculine, classiqueb souplesse / vieillesse féminine, classiquea renommés / animés masculine, classiqueb âges / hommages féminine, classiquea jardins / romains masculine, classiqueb nourrie / féerie féminine, classiquea bergers / vergers masculine, classiqueb éclore / Flore féminine, classiquea regards / arts masculine, classiqueb chasse / grâce féminine, classiquea lieu / dieu masculine, classiqueb Naïades / dryades féminine, classiquea roseaux / oiseaux masculine, classiqueb sauvages / images féminine, classiquea qu’eux / affreux masculine, classiqueb crimes / victimes féminine, classiquea séjour / amour masculine, classiqueb apothéose / repose féminine, classiquea couverts / verts masculine, classiqueb images / bocages féminine, classiquea douteux / lieux masculine, classiqueb verdure / pure féminine, classiquea majesté / Léthé masculine, classiqueb d’inquiétude / l’ingratitude féminine, classiquea épais / paix masculine, classiqueb tranquilles / fertiles féminine, classiquea lieux / dieux masculine, classiqueb mémoire / gloire féminine, classiquea attendri / Henri masculine, classiqueb sages / rivages féminine, classiquea consolateurs / cœurs masculine, classiqueb l’Angleterre / tonnerre féminine, classiquea nouveau / taureau masculine, classiqueb patrie / furie féminine, classiquea paix / bienfaits masculine, classiqueb France / reconnaissance féminine, classiquea concitoyen / sien masculine, classiqueb audace / glace féminine, classiquea révéré / sacré masculine, classiqueb ravages / sauvages féminine, classiquea d’Albion / ambition masculine, classiqueb esclaves / entraves féminine, classiquea Français / paix masculine, classiqueb attendue / rendue féminine, classiquea vers / divers masculine, classiqueb ondes / mondes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
564 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jardins, ou L’art d’embellir les paysages, Paris, Rheims, Valade et Cazin, 1782· numérisation CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) http://www.cnrtl.fr/corpus/frantext/frantext.php· Sources