La verdure dorée, 1922
CXLIII. « C’étaient les maquignons sous le jaune feuillage »
C’étaient les maquignons‖ sous le jaune feuillage,Les mules grises, les‖ brebis de l’Ariège,Les charrettes, le bruit,‖ les clochettes, les cris,Et les ruades quand‖ les bois étaient fleurisDu premier givre des‖ novembres. À l’aubergeLes ivrognes juraient‖ et se coupaient la gorge,Dans l’odeur du vin rouge‖ et du mouton graisseux.Nous fumions notre pipe‖ et n’étant pas de ceuxQue le puant aspect‖ des goujats passionneNous allions vers les bois‖ et battions cette chienneQui dans les basses-cours‖ étranglait les poulets.Les ornières craquaient‖ sous nos semelles. LesMoineaux roux se gonflaient‖ sur les piquets des vignes.Ballerines, vos mains‖ se collaient à vos peignesEt vous dansiez, et vous‖ tourniez et vous tapiezLe plancher rouge et vert‖ qui sonnait sous vos pieds.Pourquoi toujours pensais-je‖ à cette ardeur lointaineDans ce décor malade‖ et glacé de l’automne,Pourquoi voyais-je encor‖ vos visages crispés,Ces lanternes, ces pleurs‖ et ces noirs canapés,Quand nous rêvions au bord‖ de la Garonne griseOù la lune tremblait‖ comme une pâle rose ?
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
22 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La verdure dorée, Paris, ÉDITIONS ÉMILE-PAUL FRÈRES, 1908· numérisation poesies.net· Sources