La verdure dorée, 1922
CXI. « Ce soir de septembre où je suis »
Ce soir de septembre où je suisSolitaire sous le feuillageCalme, j’évoque ton visageEn fumant ma pipe de buis.
Car il n’est plus rien qui émeuveMon cœur lassé de ses décorsQue la mémoire de ton corpsRose dans l’eau verte du fleuve
Et tes gestes que je revoisLorsque, dansant sous la feuillée,Tu jonglais, rieuse et mouillée,Avec une rose et deux noix.
La lune monte, et sur ce bord jePense à tes bras que j’ai baisés,Et qu’aux soirs bleus tu écrasaisDes mûres noires sur ta gorge.
Ainsi je regarde fleurirDe vieilles roses étoufféesEt je tire d’âcres boufféesDe ma pipe et du souvenir.
Que le sort maintenant me donneLa paix d’un feuillage indulgent.Quoi ! vais-je pleurer en songeantQue tu t’es flétrie à l’automne ?
La lune pend, rouge abricot,Aux branches jaunes de la bergeEt j’enroule un fil de la ViergeSur les cornes d’un escargot.
Versification
- Mètre
- Octosyllabes
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La verdure dorée, Paris, ÉDITIONS ÉMILE-PAUL FRÈRES, 1908· numérisation poesies.net· Sources