La verdure dorée, 1922
CXXXVII. « Chasseur morose, las durant la nuit sereine »
A Jean-Louis Vaudoyer.
Chasseur morose, las‖ durant la nuit sereineDe tirer sur la lune‖ avec du petit plomb,Ayant d’un réséda‖ bouché mon vieux tromblon,Je me veux promener‖ sous une calme ombrelle.
Que d’autres au cœur neuf‖ s’en aillent vers l’azur,Que d’autres sur la mer‖ tendent les larges voiles !Je contemple mes tulipes et mes pivoinesEt les lents escargots‖ qui rêvent sur le mur.
Naguère, je tremblais‖ sous les étoiles blanches ;Pour me mieux animer‖ ma voix liait des mots,Et d’un bras confiant‖ je sciais les ormeauxPour prendre les oiseaux‖ qui chantaient dans les branches.
Adieu, vieux jours. J’irai‖ m’asseoir sur la hauteur,Sifflant Guillaume Tell‖ sous les jeunes troènes,Pour voir l’Aube aux bras blancs,‖ parure des poèmes,Qui vide sur les prés‖ son vaporisateur.
Et sans me lamenter‖ sur ma lyre brisée,Seul, je regarderai‖ dans le trèfle, en bourrantMa pipe, les piverts‖ qui boivent au torrentEt les cailles qui vont‖ pieds nus dans la rosée.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6÷6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La verdure dorée, Paris, ÉDITIONS ÉMILE-PAUL FRÈRES, 1908· numérisation poesies.net· Sources