La verdure dorée, 1922
CIII. « T’en souviens-tu (comme on écrit dans les romances) »
T’en souviens-tu (comme on‖ écrit dans les romances)T’en souviens-tu de ce‖ dimanche des dimanchesOù nous avons erré‖ sous les mornes platanesAprès l’azur et la‖ poussière et la chaleur ?
Souvenirs, souvenirs,‖ venez qu’on vous rétame,C’est moi qui suis le rétameur !
Ah ! malgré qu’on veuille sourire,Moi, j’ai des larmes plein le cœurEt je m’en vais à la dérive.
Cette musique au loin‖ et ces bouffées de cuivre,Polka pour deux pistons‖ et grands airs d’opéraLa Favorite, l’Africaine, etc…
La même lune va reluireEt refléter‖ son cristal nacaratDans l’eau chaude du fleuve.
Un vent tiède se prit‖ à remuer les feuilles.Tes mains étaient pleines de larmes.Les tramways en passant‖ t’éclairaient le visage.
Près d’un café pleurait‖ une aigre clarinette.Un grand magnolia‖ balançait ses fleurs blanches,Et la lune pendait aux branches,Douce lanterne japonaise.
Versification
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 8 de 8, 1 de 6, 1 de 10)· profil 8, 6=6, (4+6), (6)
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
22 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La verdure dorée, Paris, ÉDITIONS ÉMILE-PAUL FRÈRES, 1908· numérisation poesies.net· Sources