La verdure dorée, 1922
CXX. « Toi, tu ris, tu te renverses »
Toi, tu ris, tu te renversesSur le divan rouge et bas ;Tu n’as gardé que tes perles,Tes fourrures et tes bas.
Cet après-midi d’automneChauffe l’ombre de la chambre ;Le vent siffle et tourbillonneAu verger couleur de cendre.
Mais tu ris, ma belle amie,Rose sur le divan rouge,Sans redouter que la vieFane tes seins ni ta bouche.
Tu dors. Encore une fois,Moi je bourre cette pipe,Cette vieille pipe en boisQui fume quand je soupire,
Celle pipe que CarcoNoircit comme PellerinEt qui régnera jusqu’auSifflet de mon dernier train,
Jusqu’à l’heure où sous les fleursJe m’en irai pour toujoursAfin d’aller voir ailleursS’il est de longues amours.
Des gazes lentes et bleuesEnvironnent mon exil ;Ferai-je sur tes cheveuxUne romance facile ?
Dois-je, injuriant le sortEt le jour qui nous éclaire,Vainement clamer encoreCe que mon cœur a souffert ?
Quand tu vas dans l’ombre noireT’éveiller en un soupirJe saurai du moins avoirLa force de te sourire.
Versification
- Mètre
- Heptasyllabes
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La verdure dorée, Paris, ÉDITIONS ÉMILE-PAUL FRÈRES, 1908· numérisation poesies.net· Sources