La verdure dorée, 1922
CXIX. « Tu n’aimes pas les vers, car tu es belle et dis »
Tu n’aimes pas les vers,‖ car tu es belle et disQu’il faut saisir le temps‖ sous des ongles hardisEt tenaces, le déchirer,‖ rouge grenade,Le mâcher et jeter‖ l’écorce vaine. Une ode,Son ampleur magnifique‖ et son rythme pareilAux respirations‖ des flots sous le soleil,Sa splendeur, son tumulte‖ et ses tempêtes sourdesQu’importent, et tout l’art,‖ puisqu’il faut que tu mordesIvre et pour en jouir‖ la vie à pleines dents !« Les poètes, dis-tu,‖ qui contemplent, qui dansLe secret de leur cœur‖ reconstruisent le monde,Peignent de vains décors‖ sur des coques d’amande.Je tressaille, je plonge‖ et je m’évanouisAux durs baisers du fleuve,‖ à ses cris inouïs,L’eau m’emporte, me bat,‖ m’enivre et quand j’émerge,Poètes, je vous vois‖ qui rêvez sur la berge. »
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La verdure dorée, Paris, ÉDITIONS ÉMILE-PAUL FRÈRES, 1908· numérisation poesies.net· Sources