Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Bouquets et prières, 1843

Les enfans à la communion

Marceline Desbordes-Valmore· distiques, alexandrins, 50 vers

Laissez venir à Dieu‖ la grâce et l’innocence :Laissez remonter l’âme‖ à sa divine essence !

Nous venons ! nous venons,‖ Maître doux et divin,Comme l’agneau sans fiel‖ et le pain sans levain,Nous venons, l’âme en fleur,‖ vous chercher à l’église :Sous votre long manteau‖ sauvez-nous de la bise.On nous a dit, Seigneur,‖ que vous étiez ici,Et que vous demandez‖ les enfans : nous voici.

Laissez, laissez passer‖ la grâce et l’innocence,Laissez remonter l’âme‖ à sa divine essence.

Oh ! que ces voix d’enfans‖ font de mal et de bien !De leur Dieu sans colère‖ ils ne redoutent rien.Le chemin est ouvert‖ aux ailes de leurs âmes ;Rien de ces purs flambeaux‖ ne fait trembler les flammes.Hélas ! en les voyant‖ rayonner au saint lieu,Quelle femme oserait‖ se confesser à Dieu ?

Laissez, laissez passer‖ la grâce et l’innocence :Laissez remonter l’âme‖ à sa divine essence !

Doux Maître ! nous venons,‖ sans passé, sans remords,Vous prier tendrement‖ pour nos frères, les morts.Qu’ils sortent du tombeau‖ comme nous de nos langes ;Doux Père ! accordez-leur‖ encor des ailes d’anges.Si pour les l’acheter‖ nous n’avons pas de pleurs,Dieu des petits enfans,‖ prenez toutes nos fleurs !

Laissez venir à Dieu‖ la grâce et l’innocence :Laissez remonter l’âme‖ à sa divine essence !

Béni soit le coin sombre‖ où s’isole mon cœur !Je ne l’entrerai plus‖ vivante dans le chœur.Dieu remet les pardons‖ aux enfans qui l’enchantent ;Mais ce n’est pas pour moi,‖ c’est pour les morts qu’ils chantent.Quand nous avons choisi‖ notre amer abandon,Nul ange pour nos pleurs‖ ne demande pardon.

Laissez, laissez passer‖ la grâce et l’innocence :Laissez remonter l’âme‖ à sa divine essence !

Nos mères ont appris‖ qu’en ce jour solennel,Tout vœu d’enfant s’élève‖ aux pieds de l’Éternel.Jésus ! prenez ce vœu‖ sur nos bouches sans feinte ;Du coupable qui pleure‖ encouragez la plainte ;Tendez vos bras ouverts‖ au pécheur prosterné,Et qu’il soit, comme nous,‖ votre enfant pardonné !

Laissez, laissez passer‖ le vœu de l’innocence :Laissez remonter l’âme‖ à sa divine essence !

Je me confesse à Dieu‖ qui descend dans mes pleurs !Dieu, qui peut d’un regard‖ changer la ronce en fleurs !Voix du monde, cessez :‖ je rapprends qu’on espère !Voix des anges, chantez :‖ je retourne à mon Père !Je me relève à Dieu‖ dans l’élan de ma foi ;L’enfance a pardonné :‖ mon Dieu, pardonnez-moi !

Laissez passer la foi,‖ la grâce et l’innocence :Laissez remonter l’âme‖ a sa divine essence !

Versification

Forme
Distiques
Rimes
6{1(aa) 1(aabbcc)} 1(aa)
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Strophes
7 distiques, 6 sizains
Mots à la rime
a l’innocence / essence féminine, classiquea divin / levain masculine, classiqueb l’église / bise féminine, classiquec ici / voici masculine, classiquea bien / rien masculine, classiqueb âmes / flammes féminine, classiquec lieu / Dieu masculine, classiquea remords / morts masculine, classiqueb langes / d’anges féminine, classiquec pleurs / fleurs masculine, classiquea cœur / chœur masculine, classiqueb l’enchantent / chantent féminine, classiquec abandon / pardon masculine, classiquea solennel / l’Éternel masculine, classiqueb feinte / plainte féminine, classiquec prosterné / pardonné masculine, classiqueb espère / Père féminine, classiquec foi / pardonnez-moi masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

50 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Bouquets et Prières, Paris, Dumont, 1843· numérisation gallica.bnf.fr· Sources