Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Les pleurs, 1833

Imitation de moore

TROIS NOCTURNES

Marceline Desbordes-Valmore· strophes variées, vers de 6, 12 et 8 syllabes, 103 vers

Oh ! come to me when daylight sets ;
Sweet ! then come to me,
When smoothly go our gondolets
O’er the moolight sea ;
When mirth’s awake, and love begins,
Beneath that glancing ray,
With sound of lutes and mandolins,
To steal young hearts away.Irish Melodies.
Gaily sounds the castanet
Beating time to bounding feet,
When, after daylight’s golden set,
Maids and youths by moonlight meet.
Oh ! then, how sweet to move
Through all that maze of mirth,
Lighted by those eyes we love
Beyond all eyes on earth.Irish Melodies.
Row gently here, my gondolier. So softly wake the tide,
That not an ear on earth my hear, but hers to whom we glide.
Had heaven but tongues to speak, as well
As starry eyes to see,
Oh ! think what tales’t would have to tell
Of wand’ring youths like me !Irish Melodies.

I

Entends-tu les gondolesS’égarer sur les flots ;Les tendres barcarollesDes jeunes matelots ?

Le frais désirÉveille partout le plaisir.Oh ! viens à moi,Belle ! je rame ici vers toi !

La mer est éclairéeD’une lune d’amour ;Et toi, belle adorée,Préfères-tu le jour ?

Le frais désirÉveille partout le plaisir.Oh ! viens à moi,Belle ! je rame ici vers toi !

Au son des mandolines,Que de cœurs palpitants !Là-bas sur les collines,Que de couples contents !

Le frais désirÉveille partout le plaisir.Oh ! viens à moi,Belle ! je rame ici vers toi !

Tout s’unit, tout s’adoreSur la terre et les eaux ;Et je suis seul encoreAu milieu des roseaux !

Le frais désirÉveille partout le plaisir.Oh ! viens à moi,Belle ! je rame ici vers toi !

Voici l’heure charmanteOù l’on chante plus bas ;Et de ma jeune amanteJe sens frémir les pas !

Le frais désirÉveille partout le plaisir.Oh ! viens à moi,Belle ! je rame ici vers toi !

II

Quand le soleil couchant‖ sur les flots se balance,Quand la mandore au loin‖ conduit gaîment la danse,Et du pied bondissant‖ mesure chaque pas,Que la danse du soir‖ a de grâce et d’appas !Oh ! qu’il est doux alors‖ d’errer avec mystèreSous cette ombre embaumée‖ où s’égare l’amour,Éclairé seulement‖ par les yeux qu’on préfèreÀ tous les jeunes yeux‖ que le plaisir éclaire,Pour remplacer le jour !

Quand sur les mêmes fleurs‖ dont se parent leurs têtes,À la lueur des feux‖ qui brillent dans nos fêtes,Des anges de la nuit‖ la foule se répand,Et qu’un objet aimé‖ nous cherche et nous attend ;Qu’il est doux de verser‖ dans l’âme inquiétéeDe cet objet charmant‖ qui se penche vers nous,Les aveux renfermés‖ dans notre âme agitée,Et nourris tant de jours‖ pour la fête enchantéeDont l’espoir fut si doux !

Quand la fête, et le luth,‖ et la danse amoureuseS’endorment sur les fleurs‖ du gazon parfumé ;En se tenant la main‖ loin de la foule heureuse,Quand on s’égare seul‖ avec l’objet aimé ;Qu’il est triste de voir‖ déjà le jour descendreSur un front qui rougit,‖ plus touchant désormais !Qu’il est triste l’adieu‖ qui nous suivra si tendreDans un songe où le cœur‖ se berce et croit entendre .Ne nous quittons jamais !

III

Sur l’eau qui nous balanceGlisse et vogue en silence ;Poursuis, mon gondolier,Ton chemin familier,Dans le flot qui sommeilleFrappe si doucement,Que l’attentive oreilleD’une amante qui veille,Devine seule, en ce moment,Que la barque porte un amant !

Vois ! si le ciel parlait‖ aussi bien qu’il regarde,Quand ses yeux étoilés‖ brillent au sein des nuits,Que raconterait-il‖ de tout ce que hasardeUne errante jeunesse‖ en ses tendres ennuis ?

Sur l’eau qui nous balanceGlisse et vogue en silence ;Poursuis, mon gondolier,Ton chemin familier ;Dans le flot qui sommeilleFrappe si doucement,Que l’attentive oreilleD’une amante qui veille,Devine seule, en ce moment,Que la barque porte un amant !

Au pied de ce balcon,‖ tourne et suspends la rame ;J’y suis… je monte !… Ô Dieu !‖ si nous prenions pour vousLes soins que nous prenons‖ pour l’amour d’une femme,Quels anges nous serions !‖ Mais l’amour est si doux !

Sur l’eau qui te balance,Reste seul en silence ;Garde, mon gondolier,Ton poste familier ;Que la craintive oreilleD’une amante qui veille,Devine seule, en ce moment,Que la barque attend un amant !

Versification

Forme
Strophes variées
Rimes
8[abab] 22[aa] 3[abaab] 2[abaabb]
Mètre
Vers de 6, 12 et 8 syllabes (45 de 6, 32 de 12, 16 de 8, 10 de 4)· profil 6, 4, 8, 6+6
Mots à la rime
a gondoles / barcarolles féminine, classiqueb flots / matelots masculine, classiquea désir / plaisir masculine, classiquea moi / toi masculine, classiquea éclairée / adorée féminine, classiqueb d’amour / jour masculine, classiquea mandolines / collines féminine, classiqueb palpitants / contents masculine, classiquea s’adore / encore féminine, classiqueb eaux / roseaux masculine, classiquea charmante / amante féminine, classiqueb bas / pas masculine, classiquea balance / danse féminine, classiquea pas / d’appas masculine, classiquea mystère / préfère / éclaire féminine, classiqueb l’amour / jour masculine, classiquea têtes / fêtes féminine, classiquea répand / attend masculine, classiquea inquiétée / agitée / enchantée féminine, classiqueb nous / doux masculine, classiquea amoureuse / heureuse féminine, classiqueb parfumé / aimé masculine, classiquea descendre / tendre / entendre féminine, classiqueb désormais / jamais masculine, classiquea balance / silence féminine, classiquea gondolier / familier masculine, classiquea sommeille / oreille / veille féminine, classiqueb doucement / moment / amant masculine, classiquea regarde / hasarde féminine, classiqueb nuits / ennuis masculine, classiquea rame / femme féminine, classiqueb vous / doux masculine, classiquea oreille / veille féminine, classiquea moment / amant masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

103 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Éditions du Trianon, 1931· Sources