Poésies inédites, 1860· Amour
Dernière entrevue
Attends, nous allons dire adieuCe mot seul désarmera Dieu.
Les voilà ces feuilles brûlantesQu’échangèrent nos mains tremblantes ;
Où l’amour répandit par flotsSes cris, ses flammes, ses sanglots.
Délivrons ces âmes confuses,Rendons l’air aux pauvres recluses.
Attends, nous allons dire adieu :Ce mot seul désarmera Dieu.
Voici celle qui m’a perdueLis ! Quand je te l’aurai rendue,
De tant de mal, de tant de bien,Il ne me restera plus rien.
Brûlons ces tristes fleurs d’orage,Moi, par effroi ; toi, par courage.
Elles survivraient trop d’un jourAu naufrage d’un tel amour.
Par pitié, sois-nous inflexible !Pour ce sacrifice impossible,
Il fallait le secours des cieux,Et les regarder dans tes yeux !
Contre toi le sort n’a plus d’armes ;Oh ! ne pleure pas… bois mes larmes !
Lève au ciel ton front abattu ;Je t’aime à jamais : le sais-tu ?
Mais te voilà près de la porte…La terre s’en va… je suis morte !…
Hélas ! je n’ai pas dit adieu…Toi seul es sauvé devant Dieu !
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 15(aa)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 15 distiques
- Mots à la rime
- a adieu / Dieu masculine, classiquea brûlantes / tremblantes féminine, classiquea flots / sanglots masculine, classiquea confuses / recluses féminine, classiquea perdue / rendue féminine, classiquea bien / rien masculine, classiquea d’orage / courage féminine, classiquea jour / amour masculine, classiquea inflexible / impossible féminine, classiquea cieux / yeux masculine, classiquea d’armes / larmes féminine, classiquea abattu / sais-tu masculine, classiquea porte / morte féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Inédites, Genève, Impr. de J. Fick, 1860· numérisation archive.org· Sources