Poésies inédites, 1860· Amour
L’esclave et l’oiseau
Ouvre ton aile au vent,‖ mon beau ramier sauvage !Laisse à mes doigts brisés‖ ton anneau d’esclavage.Tu n’as que trop pleuré‖ ton élément, l’amour ;Sois heureux comme lui :‖ sauve-toi sans retour !
Que tu montes la nue‖ ou que tu rases l’onde,Souviens-toi de l’esclave‖ en traversant le monde.L’esclave t’affranchit‖ pour te rendre à l’amour :Quitte-moi comme lui :‖ sauve-toi sans retour !
Va retrouver dans l’air‖ la volupté de vivre !Va boire les baisers‖ de Dieu qui te délivre !Ruisselant de soleil‖ et plongé dans l’amour,Va-t-en ! va-t-en ! va-t-en !‖ sauve-toi sans retour !
Moi, je garde l’anneau ;‖ je suis l’oiseau sans ailes.Les tiennes vont aux cieux :‖ mon âme est devant elles.Va, je les sentirai‖ frissonner dans l’amour ;Mon ramier, sois béni !‖ Sauve-toi sans retour !
Va demander pardon‖ pour les faiseurs de chaînes ;En fuyant les bourreaux,‖ laisse tomber les haines.Va plus haut que la mort,‖ emporté dans l’amour :Sois clément comme lui…‖ Sauve-toi sans retour !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(aabb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a sauvage / d’esclavage féminine, classiqueb l’amour / retour masculine, classiquea l’onde / monde féminine, classiquea vivre / délivre féminine, classiquea ailes / elles féminine, classiquea chaînes / haines féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Inédites, Genève, Impr. de J. Fick, 1860· numérisation archive.org· Sources