Poésies, 1830· Poésies inédites mélanges
Un bruit d’autrefois
Quel bruit ! quel triste bruit‖ s’échappe de la ville ?Écoute ! Ici, partout,‖ il porte la terreur !On ne rit plus déjà‖ dans ce riant asile ;Ce bruit glace la danse,‖ il arrête le cœur.
On dit que loin de nous‖ la liberté s’envole ;On dit qu’il ne faut plus‖ se taire ni parler,Qu’il faut peser trois fois‖ le mot le plus frivole ;Liberté ! comme toi‖ je voudrais m’envoler !
Ce bruit change en froideur‖ l’amitié longue et tendre ;On s’observe, on se craint,‖ on se fuit sans retour.Des frères qui s’aimaient‖ ne savent plus s’entendre ;Juge de sa puissance !‖ il éteindrait l’amour.
Une larme, une fleur,‖ donnée avec mystère,Peut nous causer l’exil,‖ et c’est presque la mort !Mon Dieu ! s’il ne faut plus‖ ni parler ni se taire ;La pensée innocente‖ aura l’air d’un remord.
On dit qu’au souvenir‖ s’attache la défense.Hélas ! toutes nos voix‖ vont-elles s’arrêter ?Oublîrons-nous le chant‖ qui berça notre enfance ?Heureux l’oiseau du ciel :‖ il peut fuir et chanter.
Que je plains les mortels !‖ que je me plains moi-même !Sais-tu, veux-tu savoir‖ ce que je deviendraisSi l’on me défendait‖ de chanter ce que j’aime ?J’obéirais un jour,‖ et le soir je mourrais.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a ville / asile féminine, classiqueb terreur / cœur masculine, classiquea s’envole / frivole féminine, classiqueb parler / m’envoler masculine, classiquea tendre / s’entendre féminine, classiqueb retour / l’amour masculine, classiquea mystère / taire féminine, classiqueb mort / remord masculine, classiquea défense / enfance féminine, classiqueb s’arrêter / chanter masculine, classiquea moi-même / j’aime féminine, classiqueb deviendrais / mourrais masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Éditions du Trianon, 1931· Sources