Les lèvres closes, 1867
Prologue
J’ai détourné mes yeux‖ de l’homme et de la vie,Et mon âme a rôdé‖ sous l’herbe des tombeaux.J’ai détrompé mon cœur‖ de toute humaine envie,Et je l’ai dispersé‖ dans les bois par lambeaux.
J’ai voulu vivre sourd‖ aux voix des multitudes,Comme un aïeul couvert‖ de silence et de nuit,Et pareil aux sentiers‖ qui vont aux solitudes,Avoir des songes frais‖ que nul désir ne suit.
Mais le sépulcre en moi‖ laissa filtrer ses rêves,Et d’ici j’ai tenté‖ d’impossibles efforts.Les forêts ? Leur angoisse‖ a traversé les grèves,Et j’ai senti passer‖ leurs souffles dans mon corps.
Le soupir qui s’amasse‖ au bord des lèvres closesA fait l’obsession‖ du calme où j’aspirais ;Comme un manoir hanté‖ de visions moroses,J’ai recélé l’effroi‖ des rendez-vous secrets.
Et depuis, au milieu‖ des douleurs et des fêtes,Morts qui voulez parler,‖ taciturnes vivants,Bois solennels ! J’entends‖ vos âmes inquiètesSans cesse autour de moi‖ frissonner dans les vents.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a vie / envie féminine, classiqueb tombeaux / lambeaux masculine, classiquea multitudes / solitudes féminine, classiqueb nuit / suit masculine, classiquea rêves / grèves féminine, classiqueb efforts / corps masculine, classiquea closes / moroses féminine, classiqueb j’aspirais / secrets masculine, classiquea fêtes / inquiètes féminine, classiqueb vivants / vents masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, tome I, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1925· numérisation poesies.net· Sources