Poèmes et poésies, 1864
Révolte
Car les bois ont aussi‖ leurs jours d’ennui hautain ;Et, las de tordre au vent‖ leurs grands bras séculaires ;S’enveloppent alors‖ d’immobiles colères ;Et leur mépris muet‖ insulte leur destin.
Ni chevreuils, ni ramiers‖ chanteurs, ni sources claires.La forêt ne veut plus‖ sourire au vieux matin,Et, refoulant la vie‖ aux plaines du lointain,Semble arborer l’orgueil‖ des douleurs sans salaires.
— Ô bois ! Premiers enfants‖ de la terre, grands bois !Moi, dont l’âme en votre âme‖ habite et vous contemple,Je sens les piliers prêts‖ à maudire le temple.
Un jour, demain peut-être,‖ arbres aux longs abois !Quand le banal printemps‖ ramènera nos fêtes,Tous, vous resterez noirs,‖ des racines aux faîtes !
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abba baab cdd cee
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a hautain / destin masculine, classiqueb séculaires / colères féminine, classiqueb claires / salaires féminine, classiquea matin / lointain masculine, classiquec bois / abois masculine, classiqued contemple / temple féminine, classiquee fêtes / faîtes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, tome I, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1925· numérisation poesies.net· Sources