Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Les Caresses d’Antan, 1896

Georgina

Alexandre Ducros· 17 quatrains, octosyllabes, 68 vers

J’aime une jeune fille blonde,Elle est belle, avec ses yeux bleus,Comme Vénus sortant de l’onde,Comme Marie entrant aux cieux.

Aussi mon cœur la divinise,Car franchement je vous le dis,Jadis dans l’Olympe on l’eût mise,Mais elle vient du Paradis.

Elle a d’une déesse antiqueTous les voluptueux maintiens,Et cependant elle est pudiqueComme la Vierge des chrétiens.

Mon hommage est une prière.Un chant mystérieux et doux,Et mon âme le sanctuaireOù mon amour prie à genoux.

Mais je ne veux point le lui dire,Je veux, me tenant à l’écart,Voir ses lèvres toujours sourire,Voir toujours luire son regard ;

Je veux l’adorer et me taire,Et de loin la suivant encor.Garder mon amour solitaire,Comme l’avare son trésor !

Semblable au zéphyr sur les grèves,O doux amour ! trésor divin !De son nom parfume mes rêves,Comme les roses du chemin !

Tout bas, bien bas, parle-moi d’elle.Ne la nomme pas, sois discret,Et ne dis point : — « C’est la plus belle ! »Tous connaîtraient notre secret !

J’aime une jeune fille blonde,Elle est belle avec ses yeux bleus,Comme Vénus sortant de l’onde,Comme Marie entrant aux cieux !

Ses lèvres sont un nid de rosesOù le printemps met des chansons,Pleines de ces secrètes chosesQui font naître les doux frissons.

Mon cœur se suspend à ses lèvresPour recueillir ses chants aimés,Et dans des extatiques fièvres,Je vois s’ouvrir les cieux fermés !

Si parfois elle se dérobeA mon regard, à mon désir,Le seul frôlement de sa robe,Doucement me fait tressaillir !

Car je l’aime, la fille blonde,Qui sans le savoir, un beau jour,A mon cœur donna tout un monde,En lui prenant tout son amour !

Elle a peuplé ma solitudeDes rêves qu’on fait à vingt ans.A ma trop vieille inquiétude,Succèdent des bonheurs constants !

Et je bénis Dieu qui m’envoie,Comme un gage de sa bonté,Cet amour, ce torrent de joie,Où mon cœur boit la volupté !

Mais je ne veux point nommer celleQue j’aime tant : — Non ! à quoi bon ?Non ! peut-être rougirait-elle,Si j’allais vous dire son nom.

J’aime une jeune fille blonde,Elle est belle avec ses yeux bleus,Comme Vénus sortant de l’onde,Comme Marie entrant aux cieux !

1862

Versification

Forme
17 quatrains (quatrains)
Rimes
17(abab)
Mètre
Octosyllabes
Strophes
17 quatrains
Mots à la rime
a blonde / l’onde féminine, classiqueb bleus / cieux masculine, classiquea divinise / mise féminine, classiqueb dis / Paradis masculine, classiquea antique / pudique féminine, classiqueb maintiens / chrétiens masculine, classiquea prière / sanctuaire féminine, classiqueb doux / genoux masculine, classiquea dire / sourire féminine, classiqueb l’écart / regard masculine, classiquea taire / solitaire féminine, classiqueb encor / trésor masculine, classiquea grèves / rêves féminine, classiqueb divin / chemin masculine, classiquea d’elle / belle féminine, classiqueb discret / secret masculine, classiquea roses / choses féminine, classiqueb chansons / frissons masculine, classiquea lèvres / fièvres féminine, classiqueb aimés / fermés masculine, classiquea dérobe / robe féminine, classiqueb désir / tressaillir masculine, classiquea blonde / monde féminine, classiqueb jour / amour masculine, classiquea solitude / inquiétude féminine, classiqueb ans / constants masculine, classiquea m’envoie / joie féminine, classiqueb bonté / volupté masculine, classiquea celle / rougirait-elle féminine, classiqueb bon / nom masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

68 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Caresses d’Antan, Paris, ALEXANDRE GAUTHERIN, ÉDITEUR, 1847 ‒ 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources