Les Étrivières, 1867‑1885· Deuxième Partie (1870-1871)
Quinze Août
Fête de l’Empereur
Paris est-il désert ?‖ La ville est-elle morte ?Amis, quel silence partout !Naguère, une clameur‖ s’élevant grande et forte,A pareil jour criait ; — « Quinze Août ! «Partout flottaient au vent‖ banderolle, oriflamme ;Cloches, canons ; bronzes émus,De la grande esplanade‖ aux tours de Notre-Dame,Hurlaient : Te Deum Laudamus !De tout côté montaient‖ les chants et les prières,De par l’avis officiel.Le soir, les monuments‖ s’habillaient de lumières ;Ruggieri faisait honte au ciel,On fêtait l’Empereur.‖ — Aujourd’hui quel contraste !La ville est calme, pas un cri.Aux jours d’enivrement‖ succède un jour néfaste ;Le ciel fait honte à Ruggieri !Rentrez à l’arsenal‖ vos chandelles romaines,Et vos bombes et vos pétards,Les millions de feux‖ des étoiles sereines,Plaisent bien mieux à nos regards.Les canons se sont tus,‖ les cloches sont muettes ;Pas de chamades, de rappel,Pas d’habits chamarrés,‖ de pompons et d’aigrettes,Sous les balcons, au Carrousel.On a clos les volets,‖ chose prudente et sage,Et, sur la porte du château,Gavroche peut, chantant :‖ — « L’Empire déménage. »Aller poser un écriteau !
Paris, 15 Août 1870.— 10 heures du soir.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 7[abab]
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (14 de 8, 14 de 12)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a morte / forte féminine, classiqueb partout / Août masculine, classiquea oriflamme / Notre-Dame féminine, classiqueb émus / Laudamus masculine, classiquea prières / lumières féminine, classiqueb officiel / ciel masculine, classiquea contraste / néfaste féminine, classiqueb cri / Ruggieri masculine, classiquea romaines / sereines féminine, classiqueb pétards / regards masculine, classiquea muettes / d’aigrettes féminine, classiqueb rappel / Carrousel masculine, classiquea sage / déménage féminine, classiqueb château / écriteau masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Étrivières, Paris, A. GAUTHERIN, 1898· numérisation gallica.bnf.fr· Sources