Muse populaire, 1875· Muse populaire
A un berceau
A MON AMI M***
Que Dieu, notre souverain maître,Éloigne tout périlDu bel enfant qui vient de naîtreParmi les fleurs d’avril !
Quand les nids sont encore vides,Les nids où soupire l’oiseau,Mère, je vois tes yeux avidesRestes fixés sur un berceau.C’est que dans ce berceau reposeLe nouveau-né, le bien-aimé ;Son œil est bleu, sa lèvre est rose,Son petit souffle est embaumé.
Que Dieu, notre souverain maître,Éloigne tout périlDu bel enfant qui vient de naîtreParmi les fleurs d’avril !
Tout célèbre ta bienvenue,Enfant éclos sous les baisers :Le printemps empourpre la nueEt verdit les sommets boisés ;Il vide ses pleines corbeillesEt ses trésors les plus secrets,Sur les prés épand les abeillesEt les oiseaux sur les forêts.
Que Dieu, notre souverain maître,Éloigne tout périlDu bel enfant qui vient de naîtreParmi les fleurs d’avril !
La main du Seigneur s’est ouverteEt tous ses dons ont ruisselé ;Sur les coteaux, la vigne est verte ;La plaine voit fleurir le blé.Enfant, que ton âme bénieReçoive ainsi les dons de Dieu !Que ton front couve le génie,Ton cœur l’amour, cet autre feu.
Que Dieu, notre souverain maître,Éloigne tout périlDu bel enfant qui vient de naîtreParmi les fleurs d’avril !
Fleurissez, rose et violette,Où ses petits pieds marcheront ;Qu’une fée, avec sa baguette,Vienne toucher son petit front.Ne t’écarte pas de la routeQui conduit ton père au bonheur ;Que ton ombre soit toujours touteSous le rayon droit de l’honneur !
Que Dieu, notre souverain maître,Éloigne tout périlDu bel enfant qui vient de naîtreParmi les fleurs d’avril !
52 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Muse populaire, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES, 1875· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources