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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Muse populaire, 1875· Muse populaire

La France a pie Ix

Pierre Dupont· 104 vers

La matrone des sept collines,L’antique veuve des Césars,Gisait, beau lis dans les épines,Étrangère dans ses remparts,Mordant les pierres de ses places,Hurlant des lamentations :Pie, à son rang tu la replacesSur le trône des nations.

Pieux Saint-Père,Le monde, qui se désespère,Dans tes yeux cherche la clarté ;Regarde-le pour qu’il prospère ;Rends-lui, rends-lui la liberté ! (Bis.)

Dès que le vote du conclave,Par l’esprit céleste inspiré,Met dans tes mains son peuple esclave,Vive Pie ! il est délivré.La lumière se fait dans Rome ;Une ère nouvelle y fleurit.Bravo ! Pio nono ! Grand homme,Tu fais revivre Jésus-Christ.

Pieux Saint-Père,Le monde, qui se désespère,Dans tes yeux cherche la clarté ;Regarde-le pour qu’il prospère ;Rends-lui, rends-lui la liberté ! (Bis.)

Blanche orpheline du Calvaire,La liberté rit à l’amour,Et la justice, moins sévère,Montre sa balance au grand jour.Mais de tout temps la foi puniqueDe Rome guetta les chemins…Transteverin, prends la tuniqueEt le casque des vieux Romains !

Pieux Saint-Père,Le monde, qui se désespère,Dans tes yeux cherche la clarté ;Regarde-le pour qu’il prospère ;Rends-lui, rends-lui la liberté ! (Bis.)

Un soir le dôme de Saint-PierreBaignait de sa vive lueurLes Romains et la ville entièreCourbés sous l’anneau du pêcheur…Sous tes pieds couvait la tempête :Dans l’ombre des poignards ont lui,Et l’aigle noir à double têteHors de son aire pousse un cri.

Pieux Saint-Père,Le monde, qui se désespère,Dans les yeux cherche la clarté ;Regarde-le, pour qu’il prospère ;Rends-lui, rends-lui la liberté. (Bis.)

Où tend cette menace impie ?Le vicaire du Christ est là !Comme a fait Léon, notre PieRepousserait un Attila.Sur ta mule blanche, en étole,Tiare au front, labarum en main,Tu descendrais du Capitole,Entraînant tout dans ton chemin.

Pieux Saint-Père,Le monde, qui se désespère,Dans tes yeux cherche la clarté ;Regarde-le pour qu’il prospère ;Rends-lui, rends-lui la liberté. (Bis.)

A ta voix, l’Italie antiqueUne et libre s’élancerait :D’Albion et de l’AmériqueUn secours ailé volerait ;La jeune Allemagne qui rêveEn glaive allongerait ses fers,Israël que ta main relèveT’en verrait l’or de l’univers.

Pieux Saint-Père,Le monde, qui se désespère,Dans tes yeux cherche la clarté ;Regarde-le pour qu’il prospère ;Rends-lui, rends-lui la liberté. (Bis.)

Et notre France !… ta paroleSans bras armés a tout calmé ;Une pacifique auréoleEntoure ton front bien-aimé.Désormais l’Italie est libre ;Mais que d’enfants captifs ailleurs !Combien ta paternelle fibreDoit tressaillir de leurs douleurs !

Pieux Saint-Père,Le monde, qui se désespère,Dans tes yeux cherche la clarté ;Regarde-le pour qu’il prospère ;Rends-lui, rends-lui la liberté. (Bis.)

Veux-tu commencer la croisade ?Des Apennins entends l’échoRouler encor la fusilladeEt le canon de Marengo !Des vieilles tombes féodalesOù l’on veut nous ensevelir,Nos jeunes preux brisant les dalles,Sauraient encor vaincre ou mourir.

Pieux Saint-Père,Le monde, qui se désespère,Dans tes yeux cherche la clarté ;Regarde-le pour qu’il prospère ;Rends-lui, rends-lui la liberté. (Bis.)

104 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Muse populaire, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES, 1875· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources