Muse populaire, 1875· Muse populaire
Le cerf
Le cerf est venu boireSous les coudriers verts ;Cors d’argent, cors d’ivoire,Sonnez vos plus doux airs.
Il paissait là, superbe,Sous les verts coudriers ;On voit encor dans l’herbeLa trace de ses pieds.
On dit que les laveusesSouvent ont pu le voirEn allant, matineuses,En allant au lavoir.
Battez colline et plaine,Page, écuyer, piqueur !La dame châtelaineTient le prix du vainqueur.
C’est une écharpe blancheOù ses mains ont tracé,En couleur de pervenche,Son chiffre entrelacé.
Hurra ! voici la bête,La bête au pied léger :Sa ramure l’arrête,Le cerf est en danger.
Allons, meute altérée,Mets le cerf aux abois,Et poursuis la curéeJusques au fond des bois !
Il faut qu’il tombe et meure !Point de pitié pour lui,Pas même quand il pleure,Au chant de l’hallali !
32 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Muse populaire, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES, 1875· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources