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un seul est le mot juste.

Muse populaire, 1875· Muse populaire

Le chant des soldats

1848

Pierre Dupont· 98 vers

Toute l’Europe est sous les armes,C’est le dernier râle des rois :Soldats, ne soyons point gendarmes,Soutenons le peuple et ses droits.Les Républiques, nos voisines,De la France invoquent le nom ;Que les Alpes soient des collinesPour les chevaux et le canon. (Bis.)

Aux armes (bis), courons aux frontières !Qu’on mette au bout de nos fusilsLes oppresseurs de tous pays,Les poitrines des Radetzkis !Les peuples sont pour nous des frères, (Ter.)Et les tyrans des ennemis.

Pour le soldat la palme est douce,Quand le combat fut glorieux ;De Transnonain, de la Croix-Rousse,Les cyprès nous sont odieux.Quoi ! pousser à la boucherieDes frères comme des taureaux !C’est faire pleurer la Patrie,Et c’est avilir des héros. (Bis.)

Aux armes (bis), courons aux frontières !Qu’on mette au bout de nos fusilsLes oppresseurs de tous pays,Les poitrines des Radetzkis !Les peuples sont pour nous des frères, (Ter.)Et les tyrans des ennemis.

Sous le joug de la politiqueQue d’affronts tout bas dévorés !Nous pensions que la RépubliqueNous aurait enfin délivrés.Peuple ! avec toi nous l’avions faite ;Te souvient-il de Février ?Ce ne fut point une défaite :Nous t’avions cédé le laurier. (Bis.)

Aux armes (bis), courons aux frontières !Qu’on mette au bout de nos fusilsLes oppresseurs de tous pays,Les poitrines des Radetzkis !Les peuples sont pour nous des frères, (Ter.)Et les tyrans des ennemis.

Nous savons ce que nous prépareLe tigre couronné du Nord ;De carnage il n’est point avare,Il tue un peuple quand il mord.L’ordre qui règne à Varsovie,Dans tout le Midi révolté,Menace d’étouffer la vieEt les germes de liberté. (Bis.)

Aux armes (bis), courons aux frontières !Qu’on mette au bout de nos fusilsLes oppresseurs de tous pays,Les poitrines des Radetzkis !Les peuples sont pour nous des frères, (Ter.)Et les tyrans des ennemis.

De Pesth à Rome les étapesSeraient des bûchers de martyrs ;Les Cosaques, hideux satrapes,Assouviraient tous leurs désirs,Sur l’or, sur le vin, sur les femmes ;Dans l’orgie et dans les débris,A travers le sang et les flammes,Ils viendraient au cœur de Paris. (Bis.)

Aux armes (bis), courons aux frontières !Qu’on mette au bout de nos fusilsLes oppresseurs de tous pays,Les poitrines des Radetzkis !Les peuples sont pour nous des frères, (Ter.)Et les tyrans des ennemis.

Soldats, arrêtons cette horde !Elle menace d’envahir,Danube de sang qui déborde,Tout le passé, tout l’avenir.Canons, de vos gueules béantesRefoulez la marche du Czar.Baïonnettes intelligentes,Formons à l’idée un rempart. (Bis.)

Aux armes (bis), courons aux frontières !Qu’on mette au bout de nos fusilsLes oppresseurs de tous pays,Les poitrines des Radetzkis !Les peuples sont pour nous des frères, (Ter.)Et les tyrans des ennemis.

Que la République françaiseEntraîne encor ses bataillons,Au refrain de la Marseillaise,A travers de rouges sillons.Que la Victoire de son aileTouche nos fronts, et, cette fois,La République universelleAura balayé tous les rois. (Bis.)

Aux armes (bis), courons aux frontières !Qu’on mette au bout de nos fusilsLes oppresseurs de tous pays,Les poitrines des Radetzkis !Les peuples sont pour nous des frères, (Ter.)Et les tyrans des ennemis.

98 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Muse populaire, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES, 1875· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources