Muse populaire, 1875· Muse populaire
Sous les tilleuls
Vous souvient-il de cette alléeQui projetait son ombre au loin,Où la lune, à demi voilée,Était notre unique témoin ;Où, subjugué par votre grâce,J’étais à genoux à vos pieds,Et vous demandais à voix basseSi vous m’aimiez ? (Ter.)
Vos blanches mains pressant les miennes,Tous mes tourments étaient finis ;Comme par d’invisibles chaînesJe sentais nos deux cœurs unis…Je n’oublierai jamais le charmeDe cette heure où vous me disiez,Tout en essuyant une larme,Que vous m’aimiez ! (Ter.)
Vous ajoutiez : C’est pour la vie !…Après m’avoir longtemps bercé,Cette espérance m’est ravie,Votre serment s’est effacé !…Sous les tilleuls quand le vent pleure,Je viens m’asseoir où vous étiez…Et là, je songe encore à l’heureOù vous m’aimiez ! (Ter.)
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Muse populaire, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES, 1875· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources