Mélodies poétiques, 1893· Sur les fibres du cœur
Parler d’amour
Ah ! si tu comprenais‖ combien j’aime t’entendre,Toi qui sais t’exprimer‖ avec tant de douceur,Tu laisserais souvent‖ ta voix suave et tendreMe délecter l’oreille‖ et m’émouvoir le cœur !
Quand sur ta bouche rose‖ un mot d’amour expire,Plus doux que des accords‖ sur la lèvre des flots,Je me sens tressaillir‖ comme sous le zéphyreLa feuille harmonieuse‖ au front des verts bouleaux.
Oh ! tandis que la nuit‖ prête une ombre imposanteÀ l’homme sur la terre,‖ à l’astre dans les cieux,Parle-moi donc, sans bruit,‖ comme parle une amante,Le sourire à la bouche‖ et l’âme dans les yeux !
Si tu veux m’enivrer‖ par un bonheur suprêmeEt me remplir le cœur‖ d’un ineffable émoi,Tu n’as qu’à répéter‖ ce mot divin : « Je t’aime, »Que tu me dis tout bas,‖ en t’inclinant sur moi.
Maintenant que tu sais‖ combien j’aime t’entendre,Toi qui parles d’amour‖ avec tant de douceur,Oh ! laisse donc encor‖ ta voix suave et tendreMe délecter l’oreille‖ et m’émouvoir le cœur !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a t’entendre / tendre féminine, classiqueb douceur / cœur masculine, classiquea expire / zéphyre féminine, classiqueb flots / bouleaux masculine, classiquea imposante / amante féminine, classiqueb cieux / yeux masculine, classiquea suprême / t’aime féminine, classiqueb émoi / moi masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Montréal, Pierre J. Bédard, Imprimeur-relieur, 1893· numérisation poesies.net· Sources