Mélodies poétiques, 1893· Sur les fibres du cœur
Secret du cœur
Bien que mon regard le plus tendreNe semble jamais te charmer,Et que tu daignes bien m’entendreSans vouloir paraître m’aimer,Oh ! tu n’es pas indifférente !Dans ton œil rêveur j’ai surprisSouvent quelque pensée errante…Ah ! tu m’aimes, je l’ai compris !
C’est vainement, ô charmeresse,Que sous l’aspect de la froideurTu désires cacher l’ivresseDont je fais tressaillir ton cœur,Car je sais que parfois les âmes,Sous l’apparence des mépris,Dissimulent de tendres flammesAh ! tu m’aimes, je l’ai compris !
Charmante enfant, toi qui m’inspires,Daigne m’avouer, sans détour,A quel point pour moi tu soupires,Et fais l’aveu de ton amour.Que ton œil au regard l’impideMe dévoile ton cœur éprisDont tu rendis l’élan timide,Car tu m’aimes, je l’ai compris !
Versification
- Forme
- 3 huitains (huitains)
- Rimes
- 3(ababcdcd)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 3 huitains
- Mots à la rime
- a tendre / m’entendre féminine, classiqueb charmer / m’aimer masculine, classiquec indifférente / errante féminine, classiqued surpris / compris masculine, classiquea charmeresse / l’ivresse féminine, classiqueb froideur / cœur masculine, classiquec âmes / flammes féminine, classiqued mépris / compris masculine, classiquea m’inspires / soupires féminine, classiqueb détour / amour masculine, classiquec l’impide / timide féminine, classiqued épris / compris masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Montréal, Pierre J. Bédard, Imprimeur-relieur, 1893· numérisation poesies.net· Sources