Fables de Florian, 1793· Livre second
FABLE VI. Le Bouvreuil et le Corbeau
Un bouvreuil, un corbeau,‖ chacun dans une cage,Habitaient le même logis.L’un enchantait par son ramageLa femme, le mari,‖ les gens, tout le ménage ;L’autre les fatiguait‖ sans cesse de ses cris ;Il demandait du pain,‖ du rôti, du fromage,Qu’on se pressait de lui porter,Afin qu’il voulût bien se taire.Le timide bouvreuil‖ ne faisait que chanter,Et ne demandait rien :‖ aussi, pour l’ordinaire,On l’oubliait ; le pauvre oiseauManquait souvent de grain et d’eau.Ceux qui louaient le plus‖ de son chant l’harmonieN’auraient pas fait le moindre pasPour voir si l’auge était remplie.Ils l’aimaient bien pourtant,‖ mais ils n’y pensaient pas.Un jour on le trouva‖ mort de faim dans sa cage.Ah ! quel malheur ! dit-on :‖ las ! il chantait si bien !De quoi donc est-il mort ?‖ Certes, c’est grand dommage !Le corbeau crie encore‖ et ne manque de rien.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[abacbc] 3[abab] 1[aa]
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 8 de 8)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a cage / ramage féminine, classiqueb logis / cris masculine, classiquec ménage / fromage féminine, classiquea porter / chanter masculine, classiqueb taire / l’ordinaire féminine, classiquea oiseau / d’eau masculine, classiquea l’harmonie / remplie féminine, classiqueb pas masculine, classiquea cage / dommage féminine, classiqueb bien / rien masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fables de Florian, Paris, LA LIBRAIRIE ÉCONOMIQUE, 1800-1801· numérisation Project Gutenberg· Sources