Fables de Florian, 1793· Livre troisième
FABLE XVIII. Le Parricide
Un fils avait tué son père.Ce crime affreux n’arrive guèreChez les tigres, les ours ;‖ mais l’homme le commet.Ce parricide eut l’art‖ de cacher son forfait,Nul ne le soupçonna :‖ farouche et solitaire,Il fuyait les humains,‖ il vivait dans les bois,Espérant échapper‖ aux remords comme aux lois.Certain jour on le vit‖ détruire, à coups de pierre,Un malheureux nid de moineaux.Eh ! que vous ont fait ces oiseaux ?Lui demande un passant :‖ pourquoi tant de colère ?Ce qu’ils m’ont fait ?‖ répond le criminel :Ces oisillons menteurs,‖ que confonde le ciel,Me reprochent d’avoir‖ assassiné mon père.Le passant le regarde :‖ il se trouble, il pâlit,Sur son front son crime se lit :Conduit devant le juge,‖ il l’avoue et l’expie.
O des vertus dernière amie,Toi qu’on voudrait en vain‖ éviter ou tromper,Conscience terrible,‖ on ne peut t’échapper !
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 6[aa] 2[abba]
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (13 de 12, 6 de 8, 1 de 10)· profil 8, 6+6, (4+6)
- Mots à la rime
- a père / guère féminine, classiquea commet / forfait masculine, classiquea solitaire / pierre féminine, classiqueb bois / lois masculine, classiquea moineaux / oiseaux masculine, classiquea colère / père féminine, classiqueb criminel / ciel masculine, classiquea pâlit / lit masculine, classiquea l’expie / amie féminine, classiquea tromper / t’échapper masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fables de Florian, Paris, LA LIBRAIRIE ÉCONOMIQUE, 1800-1801· numérisation Project Gutenberg· Sources