Allusions, 1929
VI. « Jamais dans l’éveil »
Jamais dans l’éveilVernal du soleilUn plus doux frisson de palmesN’a rythmé le belEssor par lequel,Levant vers moi tes mains calmes,Quand tu m’accueillisAuprès des taillisOdorant de vives sèves,Tu m’as enchanté,Muse ! à la fiertéDes souvenirs et des rêves.
Clairs visages, tendres voix,Je vous entends, je vous vois.Mon père, mon filsQui m’aimiez jadis,Confondus en un seul êtreVous mêlez en moiLa joie et l’émoiD’être morts et de renaître.Et vous, mon ami,Mon maître, parmiL’aube où tout destin dévie,Fervent, par vos yeuxJe comprendrai mieuxLe mystère de la vie.
Clairs visages, tendres voix,Je vous entends, je vous vois.D’un éclat soudainS’empourpre au JardinLa vierge beauté de l’heure ;Un chant jeune et clairProjette l’éclairD’ailes dont le feu m’effleure :C’est vous ! Je vous sensEn mots enlaçantsMe bercer de votre rirePur et triomphant,O Toi, mon Enfant,Et Toi, par qui je respire !
42 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Allusions, Paris, Librairie de France, 1929· Sources