Choix de poèmes, 1950· Poèmes inédits
Châsse
Que n’ai-je pu fixer, relique, en une châsseOuvragée, et t’offrir, ma séraphique sœur,Ce joyau d’un matin qu’attendrissait de grâceLa source d’une pâle et furtive douceur !
Éveille-toi. Regarde et suis vers ta fenêtreS’étendre l’ondoiement tout rose du jardinQui parmi les rameaux las de n’y voir rien naîtreLentement s’atténue et s’efface soudain.
Tout cède. Vision. Cette aube fut précaire ;La splendeur d’un instant se fond au vaste oubli :Si nul plus vrai trésor n’emplit ton reliquaire, :Souvenir, tu mourras, pour moi-même aboli.
4 décembre 1947.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Choix de poèmes, Paris, 1950· numérisation gallica.bnf.fr· Sources