Choix de poèmes, 1950· Poèmes inédits· Présages I
L’age d’airain
Le vaincu s’éveille à la Nature.AUG. RODIN.
Ah ! que tressaillent les muscles de ce beau corpsS’éveillant au travail de la nature en sèveQuand l’air pur qui nourrit le parcourt et l’élèveD’une haleine où s’emmêle un songe à ses efforts.
De l’inepte inertie, éphèbe nu, tu sorsComme encore engourdi d’un sommeil qui s’achève.Veux-tu, ne veux-tu pas ? Quoi ? — D’une heure ou d’un rêveL’action, l’oubli : vivre ! ou croupir chez les morts ?
Tu médites, le poing au front. Ami, tu souffres,Les cieux t’attirent-ils ? L’immensité des gouffres,Y plongeant ta pensée, entretient ton effroi
Peut-être ? — Mais ton bras nerveux qui se replieAccueille avec ardeur, le saluant pour roi,L’avenir, qu’au Bonheur un fier présage allie ;
19 juin 1944.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Choix de poèmes, Paris, 1950· numérisation gallica.bnf.fr· Sources