Divertissements, 1945· Hommages
I. « Ce glacial frisson — j’ai honte, — m’épouvante »
Ce glacial frisson — j’ai honte, — m’épouvante.En son vertige m’entraîne-t-il ? Ai-je eu peur ?Pourtant je ne crains rien ; nulle veule stupeurNe viendra m’engloutir dans la nuit décevante.
J’ai guetté, se jouant aux rythmes qu’il invente,Un chant mieux que les miens flexible, ni trompeurNi maussade, et que l’art triomphal d’un harpeurÉlève haut, gorgé de tant de foi fervente.
Vivez, beaux souvenirs, vivez : je vous revois,Beaux visages, si purs, bénins ! J’entends vos voixQui m’apaisent, au fond de moi-même endormies,
Se réveiller m’illuminant de leurs clartés :Esprits de mes AMIS, âmes de mes AMIESMieux qu’autrefois vivants, divins, vous m’habitez.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Divertissements, Paris, Éditions Littéraires de France, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources