Divertissements, 1945· Dizains et sonnets· Sonnets
V. Galatée
pour M.F.W.
N’ai-je animé d’amour une image de plâtreOu d’argile où mes doigts s’efforçaient de saisirLe plus secret frisson d’ineffable désirQui réponde à mes vœux en rêve au coin de l’âtre ?
La frêle illusion des beautés de théâtreN’a point trompé mon cœur d’orgueil ni de plaisir :J’ai vu ce que je vois. Mes yeux t’ont su choisirSeule, avec ta fierté de prêtresse idolâtre,
O toi, dont j’ai voulu lentement émouvoirL’abîme enseveli de doute sans espoirDans une âme muette, indocile, assoupie,
Et qui, farouche et neuve, offerte à la clarté,Cède aux décrets du ciel, cependant que j’épieL’heure de ton éveil, qu’une Muse a sculpté.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Divertissements, Paris, Éditions Littéraires de France, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources