Divertissements, 1945· Dizains et sonnets· Sonnets
IV. Cette rose pourprée…
pour Madame H. Delacroix.
Elle s’avance d’un pas rythmé, souple et légère ;Son torse ondule ferme, et tendre, et gracieux ;Elle danse, et s’en vient danser sous d’autres cieuxPour un peintre fameux qui l’évoque en bergère.
La voici parmi nous, la nymphe bocagèreQui réduit les remords des grands cœurs anxieux,Ranime leur désir, et refleurit les yeuxDe ceux dont l’ennui naît des regrets qu’il suggère.
Libre et vive clarté dans la nuit des halliers,Elle s’exalte, fleur aromale, aux colliersDéferlant à ses pieds en torrent de féeries,
Et, d’entre ces béryls emmêlés de saphirs,Éclot, rose pourprée, aux baisers des zéphyrs,Sous le ruissellement des folles pierreries.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Divertissements, Paris, Éditions Littéraires de France, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources