Divertissements, 1945· Petits poèmes sibyllins
Ilion
Dénoue en tes vers le lacisDe tels souffles d’électuaire,Offre à ton songe un sanctuaire,L’idée émane, sois concis.
Déprends-toi des lourdes cohortes,Prince, soldat, juge ou viguier ;Mais plante un sauvage figuierHaut dressé, près d’une des portes
De la cité. Crée un décorOù surgira dans l’ombre opaqueDes murs la craintive AndromaquePour supplier, en pleurs, Hector.
L’aigrette tremble sur son casque,L’enfant a peur, Hector sourit,Ferme et doux à qui le chérit,Puis il s’éloigne. La bourrasque
Emmêle aux gouffres du trépasTroyens et Grecs, tandis qu’HélèneEmbrase Ilion et la plaineDe sa beauté qui ne meurt pas.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Divertissements, Paris, Éditions Littéraires de France, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources