Divertissements, 1945· Dizains et sonnets· Sonnets
I. L’été et les poètes
Été épanoui, n’es-tu la forge où DanteGrave au gré de ses vers une masse d’acier ?Partout son œuvre s’offre aux laves du brasierD’où s’écoule en tercets toute son âme ardente.
Été épanoui ! à vigueur débordante,Brûle, éclair ! ou soudain, lente à t’extasier,Attarde ton élan aux roses du rosier,D’abord impétueuse, et, désormais, prudente.
Et il s’épanouit encore ! Des clartésScintillent sur les fleurs et les fruits veloutésQue couronne invincible un tourbillon d’abeilles,
Quand le forgeron-maître, Homère, Hugo, Ronsard,Mûrit dans leurs splendeurs, par contraste, ou pareilles,L’accord voluptueux de l’Été et de l’Art.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Divertissements, Paris, Éditions Littéraires de France, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources