L’appel a la déesse, 1942· Paysages ensoleillés
La chanson de la rade
Les galiotes dans la radeSe balancent au gré du vent.
Accoudée, et seule, à la balustradeSous la lune révant,Tu revois Mayotte et la DésiradeOù tu t’enchantas d’espoir décevant.
Les galiotes dans la radeSe balancent au gré du vent.
Une île des mers, Antille ou Cyclade,Brûle en tes yeux, suivantQu’y naît ou que meurt, s’affirme ou s’évadeUn jeune visage ancien et vivant.
Les galiotes dans la radeSe balancent au gré du vent.
Nue, adolescente, souple, NaïadeTu m’apparus bravantUn triton qui nage aux flots, et gambadeSelon tes désirs, futile et mouvant.
Les galiotes dans la radeSe balancent au gré du vent.
Songe, fleur des mers, monte, et persuadeLe cœur triste et ferventDe l’enfant qui rêve à la balustrade,Tandis que, là-bas, au soleil levant
26 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources