L’appel a la déesse, 1942· Paysages ensoleillés
Provence
Une figure en proue élève au promontoire,Nue au soleil, ses bras d’où ruisselle un millierDe gemmes et de feux glissant leur pur collierSur sa poitrine fière et vierge de Victoire.
Mais trois marches de marbre au seuil d’un oratoireSous les rameaux du pin ou du, micocoulierHaussent aux pieds du Christ sculpté dans le pilierUn frissonnant lacis d’offrande expiatoire.
L’ombre qui joue et passe allège de l’étéL’immobile stupeur et fond à la clartéDu soir silencieux la saine odeur d’un songe
Dont se dégagent, dont s’s’emmêlent tour à tour,Selon l’émoi de l’heure au ciel où l’esprit plonge,L’extase séraphique ou des hymnes d’amour.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources