L’appel a la déesse, 1942· Poèmes· « Un peu profond ruisseau… » Méditation
Quatrième sonnet
Une aride poussière éparpillée au blocStérile tourbillonne ou rassemble sa gerbeSelon que le courroux de la rafale acerbeS’accroît, redouble, fonce et creuse comme un soc.
Avant qu’une aube soit éclose au cri du coqOu ranime l’émoi des germes parmi l’herbe,Quel destin pressenti sous l’ombre avec le verbeBrise le rude assaut des vents contre le roc ?
Le souffle neuf met fin au tumulte et pénètreLe nocturne buisson dont l’aurore va naîtreDénouant la candeur des lys et leurs replis,
Et, dans le long silence où l’été nu disperseLes brumes d’horizons naguère ensevelis,Un chant d’oiseaux s’éclaire au zéphyr qui les berce.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources