L’appel a la déesse, 1942· Poèmes· « Un peu profond ruisseau… » Méditation
Cinquième sonnet
Subtile l’aile tisse autour de la corbeilleLa trame imperceptible et pure d’un appelÉtourdissant avec l’arome essentielQue puise au suc des fleurs une insistante abeille.
L’éclair de cet essor jaillit et s’appareilleA d’autres qu’absorba le vertige du cielPlus profond que l’extase où la manne et le mielOnt embaumé les fruits dont est lourde la treille.
L’onde égale d’un doux courant jamais tariAccueille une ombre et reste impénétrable au criDe qui défaille ou crispe en soi son âme lasse,
Et, l’étroit tourbillon d’écume l’y mêlant,S’annule un espoir faux de durée et d’espacePar le ruisseau qui coule en l’herbe, sûr et lent.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources