L’appel a la déesse, 1942· Poèmes· « Un peu profond ruisseau… » Méditation
Troisième sonnet
Chère, absente musique, inflexions des voixEt des hautbois vibrant encor dans la mémoireQuand les sons dilués font l’ombre incantatoireEt constellent de fleurs en rêve le pavois
Des souvenirs, tu les entends, tu les revois,Accords anciens, ou chants fanés, mouvant grimoire,Subtils échos glissés aux frissons de l’ivoireOù pâlit un reflet des pourpres d’autrefois.
Telle aussi ta figure élue, et cette joue,Ces lèvres, tes deux yeux d’appel à qui je voueLa liane en feu des forêts de mon amour,
La beauté de tes traits je l’ai bue. Elle est belleParmi les sources de ton âme. Nul contourNe s’y perd : la beauté, sauve, te renouvelle.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources