L’appel a la déesse, 1942· Poèmes· « Un peu profond ruisseau… » Méditation
Deuxième sonnet
Des plaintes. L’homme est faible. Et la souffrance pèse,Arrache, tord, déchire et tenaille le corps,Ronge les sens, les rompt, stridents de cris discords,Dans des convulsions que nul répit n’apaise.
Certes, l’heure est cruelle et la Parque est mauvaisePour quiconque, brisé par d’inféconds efforts,Fléchit, perd conscience et sombre sans remordsConsumé de torture aux feux de la fournaise.
Seul ferme est cet esprit qui, si rude que soitLe martyre où la chair se dévore, conçoitPar l’échange infini, par d’incessants, d’énormes
Mélanges, fusions d’ombres et de clartés,Le libre essor de la substance, en d’autres formesAtomes tour à tour repris ou rejetés.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources