La Halte sous les hêtres, 1908· Thalassa Au souvenir de marcel Ormoy, au Poète, à l’Ami
XIII. Au fleuve
Je prendrais de ton eau dans le creux de mes mains,Fleuve, pour te humer et pour mouiller mes tempes !Que ne suis-je l’enfant qu’on voit dans les estampesGraver son humble nom sur tes arceaux romains !
Maintes gloires par qui l’âme s’exalte, maintsHéros et maints penseurs, — quels rêves sous les lampes ! —Brûlent de cet éclat sacré dont tu les trempes,Ces héros, ces penseurs, ces hommes surhumains,
Ces dieux ! — La nuit stellaire enveloppe leur trône,Voici l’aurore éclose aux flots, voici le RhôneImpétueux, au pied des rocs et des cités
Qu’effleure de frissons le soleil comme une aileS’allonger en détours d’ombres et de clartésVers le rayonnement de la mer éternelle.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Halte sous les hêtres, Paris, Les Éditions Nationales, 1934· numérisation gallica.bnf.fr· Sources