La Halte sous les hêtres, 1908· Thalassa Au souvenir de marcel Ormoy, au Poète, à l’Ami
XIV. D’après Sappho
A PAUL LORENZ
Κρῆσσαι νύ ποτ᾿ ὦδ᾿ ἐμμελέως πόδεσσιν
ὠρχεῦντ᾿ ἀπάλοις ἀμφ’ ἐροέντα βῶμον
πόας τέρεν ἂνθος μάλακον ματεῖσαι.
Πότνια αὔως…Σαπφ.
Les Crétoises rythmaient sur l’herbe fine et tendreEn guirlandes leur danse autour du grave autelParmi les fleurs où doucement venait s’épandreL’aurore vénérable au sourire immortel.
Jeunes filles, tissez de fraîches bandelettesEt couronnez vos fronts, le printemps va fleurir ;Dans l’air frissonne le parfum des violettes,Et les bourgeons déjà sont près de s’entr’ouvrir.
O vierges, vos pieds nus rythment la danse. En CrèteLes vierges aux pieds nus dansaient parmi les fleurs,Vous passez, vous venez, joyeuses ; rien n’arrêteL’essor prompt de vos jeux où revivent les leurs
Quand de pas bien rythmés sur l’herbe fine et tendreElles tissent leur danse autour du grave autelOù revient parmi les violettes s’épandreL’aurore vénérable au sourire immortel.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Halte sous les hêtres, Paris, Les Éditions Nationales, 1934· numérisation gallica.bnf.fr· Sources