La Halte sous les hêtres, 1908· Les ombres
XVI. Éveil
Soudain l’âme engourdie aux brouillards dont l’entoureTrop d’hostile sommeil impose à son DestinDe tenter, la nuit même, un assaut clandestinPour l’alléger du poids honteux de cette bourre.
Ni d’un air de mépris, — ni dédain, ni bravoure,Rien ne peut l’assurer, fervente, qu’au matinLe ciel dont regorgeait l’espoir n’ait pas éteintSes astres ! — Ne sied-il qu’un rêve te secoure ?
Ne laisse pas pourtant se noyer au miroirDes mensonges le visage que tu crois voirTe hanter, fier, par la lumière et le vertige.
Regarde. Il se réveille, et tes doigts l’ont touché :Aile, souffle léger, papillon qui voltige,La forme de ton nom emplit ses yeux, Psyché !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Halte sous les hêtres, Paris, Les Éditions Nationales, 1934· numérisation gallica.bnf.fr· Sources