La Halte sous les hêtres, 1908· Thalassa Au souvenir de marcel Ormoy, au Poète, à l’Ami
XV. Le temple
Le temple grave et qui sourit sur l’AcropoleVers la ville en rumeur dont l’âpre roc l’isoleÉpanche ses trésors de sereine clarté.Secret frémissement aux métopes sculpté,Le soleil de l’Attique à l’art humain allieLa majesté lucide en soi seule accomplieEt le calme des dieux propice à nos travaux.O temple mutilé qui cependant prévauxSur la pure splendeur des autres sanctuaires,Tes frontons nus restent l’orgueil des statuaires,Tes murs troués sont d’un marbre à jamais vivant !Mais, qu’importe ? De loin, si nul hasard devantTon seuil ne me rehausse, un jour d’ardente joie,Mes yeux, mes mains, mon cœur, ah, faites que je voie,Que je touche, et que j’aime, ici, puisque j’y vis,Ces rêves de raison que vous aurez servisEn adorant, Esprit fondu dans son symbole,Le Temple grave et qui sourit sur l’Acropole.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Halte sous les hêtres, Paris, Les Éditions Nationales, 1934· numérisation gallica.bnf.fr· Sources