La Halte sous les hêtres, 1908· Les ombres
XXII. Prière
Toute ma vie en ce mirage se trempeSi même sans parler vous venez le soirAuprès de moi, grave et douce, vous asseoir ;Vous êtes, inclinée au feu de la lampe,L’amante chaste vers qui fleurit l’espoir.
Quand le charme des mots émeut votre lèvre,Quand de tendre pensée éclôt votre voix,Je m’élève au verger du ciel ; je revoisCet espace où, parmi l’extase et la fièvre,Mon âme s’enchantait d’amour, autrefois.
Où m’emportent les ailes de la Chimère ?Ne serai-je jamais las d’avoir cherché ?De quel haut rêve n’aurai-je trébuché ?Conseillez-moi, l’illusion est amère,Éclairez d’ardeur ma foi morte, Psyché !
15 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Halte sous les hêtres, Paris, Les Éditions Nationales, 1934· numérisation gallica.bnf.fr· Sources