La Halte sous les hêtres, 1908· Les ombres
IV. Sylve
Touffe d’iris éclose en la broussaille rousse,Je te surprends, assise auprès des hêtres verts.Tu me regardes, puis te caches au reversDes branches, et ton chant s’altère et se courrouce.
Nul effluve, sinon d’un hymne au seul hérosDont la fiévreuse absence occupait ta pensée.Je m’approche, et déjà toute une âme offenséeEmmêle à tes soupirs de longs cris gutturaux.
Que crains-tu donc ? Pourquoi, si je supplante l’autre,Ne comblerais-je, mieux qu’un rêve, ton espoir ?Un essor figuré ne saurait prévaloirSur celui que doit être, extasié, le nôtre.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Halte sous les hêtres, Paris, Les Éditions Nationales, 1934· numérisation gallica.bnf.fr· Sources