La nef désemparée, 1908· Guirlandes· Commémorations
A Éphraim Mikhael
La brume close autour de l’image d’un rêveA fondu, mur de suie et mauvaise tourmente,C’est, avec le sourire en qui s’offre l’amante,Une exaltée aurore et sa floraison brève.
Tout le vierge regret au reflux de la grèveQue le frisson nouveau de naître diamante,Je le cueille en les flots d’une mer écumante,Pulpe mûre qu’un jet de soleil pourpre crève.
Le feuillage terni qui neigea tout l’automneTraîne sur l’horizon son voile monotone,La ténèbre persiste où le marbre est réel.
Pieusement j’élève à l’entour de ta stèle,O Mikhaël, vers toi qui t’endors, Mikhaël,Le cri vain de mes vers que ton aube constelle.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources