La nef désemparée, 1908· Guirlandes· Commémorations
Guernesey
Le souffle âpre des mers mugit, et la tempêteJette, en heurtant le roc, sa bave dans la nuit,Gouffres d’ombre totale où l’écume ne luitQu’en brefs flocons jaillis et brisés vers le faîte.
Un silence a creusé sa ténèbre. La bêteSournoisement peut-être a guetté ce qui fuit ?Mais non ! la vague cède à l’aube et ne poursuitQu’un rythme éparpillé par frissons sur sa crête.
Tu te lèves. Tes yeux contemplent au lointainLa joie étinceler au jardin du matin,Ton fier exil frémit, ta voix vibrante espère ;
L’île résonne. Ta voix pleure, ta voix rit !Et nous, enfants émus du vent de ton esprit,Nous vénérons en Toi, Phoïbos-Hugo ! le Père.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources