La nef désemparée, 1908· Éclaircies· Danseuses
I. « Nul fleuve, si ce n’est par la flamme à des bras »
Nul fleuve, si ce n’est par la flamme à des brasBercé, n’ondule plus en étreintes lascives :Je vois tout le sourire au soleil de ces rivesMûrir le vain trésor dont tu te souviendras.
Va. Le flux se propage aux parfums de pétalesDans l’air que trouble à peine une ride, ô jardinDes horizons évanescents et purs soudainSous l’immobile nuit des étoiles natales.
Mais un appel révèle au rêve son émoiDe suivre une aile brusque aux porches du silenceFlamboyer, puis s’éteindre, éclairs ! d’où ne s’élanceL’essaim nouveau pour l’ombre de vivre, ou pour moi ;
Et vers l’astre, seul beau, que du pied tu désignes,Se dévêt l’ardent vol, ô Danseuse ! des cygnes.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources