La nef désemparée, 1908· Éclaircies· Danseuses
II. « Le geste pur, tu tends, ô Danseuse ! parmi »
Le geste pur, tu tends, ô Danseuse ! parmiLe pli des brises qui te pressent ton pied rose,Éveille à des désirs tout le fracas moroseV’ers Toi des ennuis las où la vie a frémi.
Arrière le bruit vain de leur or ennemi,Qu’importe à qui sait mieux, lys vraiment ou laurose,La fraîche floraison qu’un sûr orgueil arroseAux parcs du Rêve l’éveiller s’il a dormi,
Flots plus neufs de clartés qui s’étirent pétales,Dressés sous le baiser dont s’embaume le ciel,Ouvrez l’amour aux lèvres d’amours moins brutales,
Laissez-leur savourer l’arome essentielDe votre éparse chevelure jusqu’aux pointesDe vos seins nus vers qui mourir les deux mains jointes !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources